Affichage des articles dont le libellé est Musical. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musical. Afficher tous les articles

20 décembre 2017

Rassasié

Si tout ce qui est rare est précieux alors la musique que nous écoutions quand nous étions jeunes était précieuse, car rare. Nous n’étions pas saisis par l’abondance, les disques étaient difficilement trouvables. Quand ils étaient trouvables, il nous fallait parfois les acheter et souvent les voler. Que ce soit dans l’amour ou le rejet le rapport à la « chose écoutée » était donc forcément plus fort, plus crucial. Aujourd’hui tout est trouvable, nous pouvons voler sans risque, haïr faiblement et aimer mollement. Et puis de toutes les façons nous n’avons presque plus envie de rien, nous sommes assommés par l’abondance.

19 décembre 2013

Musical

Les premiers hommes chantonnaient tant bien que mal sur une échelle musicale de cinq sons. Ce faisant ils utilisaient ingénument la gamme pentatonique mineure qui comme chacun le sait comprend les intervalles suivants : tonique - tierce mineure - quarte - quinte - septième mineure. À leur retour de la chasse on pouvait donc les entendre psalmodier dans cette gamme là, ce n’était certes pas très harmonieux, presque du Stravinski en pire, mais ils y mettaient du cœur. Un peu plus tard  les Grecs qui étaient bien plus raffinés chantaient en utilisant une gamme descendante de sept notes. Les Romains, qui suivirent les Grecs, étaient de piètres chanteurs, ils préféraient, les jeux du cirque, le sang et le son du buccin, une drôle de proto trompette soldatesque de forme semi-circulaire. Les premiers vrais chants agréables furent les chants chrétiens, ils se souvenaient des rites hébraïques, il y avait de l’âme dans les gosiers, quelque chose d’harmonieux un début d’enchantement. Ne me parlez pas des chants chinois anciens ; tout bruit modulé n’est pas un chant.

18 décembre 2010

Punk

Si plus jeune on m’avait dit qu’un jour j’apprécierais presque un disque de John Mayall j’en aurais vomi ma Valstar !

9 décembre 2010

Musicologue (vaguement)

Chacun devrait savoir que Debussy n’est pas un « peintre de paysage » ou tout du moins chacun devrait savoir que s’il peint un paysage , il ne peint jamais l’objet paysage, il l’efface au fur et à mesure qu’il s’y promène ou qu’il le contemple, il n’en laisse passer que « l’écho sensible », « l’image sonnante », il est trop musicien, trop ému, pour être peintre.

« On pourrait nier qu’il y eût la moindre description dans Debussy. Il transmute la nature en harmonies, en émotions sonores. Il ne re songe pas à peindre la forêt bruissante, mais ce que le cœur d’une jeune fille, marquée pour le mortel amour, y éprouve dans le profond abandon, à l’heure du crépuscule où elle rencontre son destin. Il ne cherche pas à rendre la lueur d’une lampe qui soudain s’allume dans une chambre obscure, ou le bêlement des moutons qu’on mène à l’abattoir, ou le murmure lent de la fontaine : il ne pense qu’à évoquer le doux soleil de la clarté dans un enfant qui tremble et la lumière qui entre comme un couteau dans l’esprit sanglant d’un bourreau; ou l’innocence perfide de l’eau qui trompe sur la fuite des instants et des baisers; ou l’immense, monotone et fatale douleur de la vie, lorsqu’on la surprend, au couchant qui rougeoie, dans un troupeau de pauvres bêtes sans malice et sans péché, que son destin, un bâton de berger à la main, pousse vers la mort, là, derrière la porte, loin du bercail, pour cette nuit déjà si proche. En musique, le paysage est un sentiment. »

(André Suarès, Debussy)

7 novembre 2010

Musical

La légende dit que sa voix détruisait les micros, la légende dit que pendant l’enregistrement de Trout Mask Replica il s’était enfermé dans une pièce et que les musiciens le suivaient en improvisant dans une autre, la légende dit qu’effrayé par sa propre voix il avait réclamé la présence d’un chirurgien pour soigner les arbres qui risquaient de souffrir et même s’écrouler, la légende dit beaucoup de choses sur Don Van Vliet… Enfant prodigue il avait conçu le projet assez bizarre de sculpter « tous les oiseaux du ciel, tous les poissons de la mer, tous les animaux de la terre »…