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7 juin 2010

Frileux

Dans ses récents interviews, Godard est presque touchant, un petit vieux avec des préoccupations de petit vieux. Ma grand-mère (paternelle) était très godardienne (sans le savoir) elle était par exemple assez préoccupée par les courants d’air, elle me disait souvent « Philippe, enfin voyons mets ton chandail, il y a un courant d’air ! »

25 mai 2010

Culotté

Les jupes de Marthe Keller, les jambes de Marthe Keller, les petites culottes de Marthe Keller… Le Diable par la Queue de Philippe de Broca : charmant, plus encore… renoirien… presque.

15 mai 2010

Charmant

Sex and the Single Girl de Richard Quine. Drôle, délicieux, exquis, charmant, élégant, sophistiqué tout ce que vous voulez… Casting impec : Bacall et Henry Fonda, Mel Ferrer, Tony Curtis, une jolie fille qui danse très bien, surtout Natalie Wood... J'aime Natalie Wood, je l'aime vraiment, sincèrement, profondément ; elle a beau jouer à côté de la plaque, rouler des yeux, en faire des tonnes, je l'aime, j'ai envie de la prendre dans mes bras. Dans Sex and the Single Girl comme dans plusieurs de ses films il y a une scène de fausse noyade qui donne envie de pleurer...

P.-S. Le philoxerasophe Onfray devrait voir ce film qui dézingue Freud avec élégance, loin des groupies labellisées Université Populaire.

17 avril 2010

Lypémane

Godard était dandy de droite un peu cynique puis droitier défroqué de gauche un peu moralisateur ; à présent l’âge aidant il est un peu à gauche de la morale et un peu à droite de la mélancolie : il a bien raison d’être vieux.

2 avril 2010

Foutraque

Comment tuer votre femme ? : Quine mineur, mais Quine tout de même. Totalement foutraque et foutrement misogyne... Disons que c'est une ébauche du très gras Calmos (fils Blier seventies anti MLF) ; une ébauche où l'élégance remplacerait la vulgarité... Jack Lemmon impec as usual, Virna Lisi bien jolie en potiche (p)latine... la fin est ratée.

23 février 2010

Kabbaliste

A Serious Man des « Frères Coen » :

Un bon point pour le retour de Richard Kind, un bon point pour le type maronnasse accoudé à la porte maronnasse, un bon point pour la reconstitution historique scrupuleuse, un bon point pour la léthargie, un bon point pour Kafka, un bon point pour Yossele Rosenblatt, un bon point pour les arcanes kabbalistiques, un bon point pour rabbi junior, un bon point pour l'absence de ricanement, un bon point pour le futur dans le téléphone, un bon point...

Ce qui nous fait beaucoup de bons points.

Plus sérieusement : Quand l’attribut de la justice se manifeste dans le monde au détriment de l’attribut de la miséricorde, tous les êtres sont frappés, les justes comme les méchants. Car chacun sait que l’être vivant, incapable de répondre aux exigences de la perfection absolue, doit son existence à la miséricorde divine.

22 janvier 2010

Dombaslien

La Femme de l'aviateur : Hitchcock (lo-fi) chez Musset ou l’inverse. Trépidante poursuite et carte du tendre. Film de demi-saison toujours rose drôle et émouvant. Anne-Laure Meury géniale en prototype dombaslien (je l’aime, on ne peut que l’aimer... toujours), Philippe Marlaud fantôme touchant, forcement, touchant (je l’aime aussi, j’aime les fantômes...)

P.-S. Les montées d’escaliers sont de chez Murnau.

12 janvier 2010

Attristé

Le cinéma d’Eric Rohmer avait quelque chose du cri feutré d’un ogre devant sa chair fraiche.

Il y a des morts qui pèsent plus que d’autres.

28 décembre 2009

Précis

j'échange mon poster de Geraldine Danon (nue) contre une carte postale d'Elisabeth Bourgine (avec les cheveux courts).

7 avril 2009

Cacochyme

Le nouveau dernier Eastwood : Gran Torino (c’est une voiture) Un peu expectorations et grognements, un peu démonstratif, un peu de droite communauté et bactéries, un peu trop nœud fordien pour être malhonnête, un peu masochiste (as usual), un peu (souvent) émouvant, un peu (trop ?) testamentaire. Avec beaucoup de peu c’est quand même un bon film, avec deux trois séquences magnifiques (la « plongée » chez les H'mongs, le merlan transalpin et cette façon de faire durer le plan dans la tôle d’une baraque de chantier.)

NB : Je me demande comment le vieux Clint fait pour ingurgiter autant de bière(s) sans être plus ballonné que ça.

14 mars 2009

Panthéiste

Lumière d’été, splendeur mordorée.

Le « poétique » est chez Prévert, la poésie chez Grémillon. La lourdeur sociétale chez Prévert, le cosmique et le panthéisme chez Grémillon. Le monde chez Prévert, le monde des sentiments chez Grémillon. Bref des deux il faut préférer Grémillon.

Ps : C’est un grand film malade. Une grippe sournoise avec un virus A facilement localisable : Pierre Brasseur, cabotin plus que de raison.

Nb : Le scénario et les dialogues sont de Prévert (Jacques) le film est de Grémillon (Jean).

4 février 2009

Cinéphile

Je n’ai jamais dormi à Moullet alors qu’à Leone toujours et même pire qu’à Antonioni.

14 janvier 2009

Nain

Etant raisonnablement pervers, et pas du tout zoophile, je préférerais toujours la vision de Gene Tierney à celle d’un nain posé sur un poney.

3 janvier 2009

Gulliver

Sullivan's Travels de Preston Sturges.... soit, en gros, un proto bobo chez les hoboes. Dialogues crépitants et étincelants. Vraie fausse comédie grinçante mais vraie tragédie drôle… toujours ironique, sur les autres, mais surtout sur elle-même ; avec sa propre critique interne, mais sans être du post machin bidule démiurgique, plutôt de la malice bien placée, au-dessus de la morale, un peu à côté de la satire.
Veronika Lake est délicieuse.

7 décembre 2008

Maurice

Amanda Langlet était l’une des plus jolies barely legal de chez Maurice. Un peu avant, un peu plus tôt, dans le charbon, du côté des MILF , Françoise Fabian, était elle, indépassable... un diadème de stupre contenu … On notera qu’à l’époque Maurice savait également faire monter l’apôtre dans les saintes extases avec Marie-Christine Barrault ! Un tour de force, voir de la pure sorcellerie à l’ombre des piliers ! En fait Maurice était (est) surtout, et principalement, un drôle de croquignolet, on l’imagine sans peine s’imaginant, lui-même, le nez entre les fesses roses de Rosette. Je ne parlerais pas de Pascale Ogier c’est une autre histoire, c'est de l'amour…

15 octobre 2008

Garrot

Pendons Eric Neuhoff et aimons Murnau…

6 septembre 2008

Narcissique

En revoyant le Black Narcissus des fameux duettistes Powell et Pressburger j’hésite entre sublime et sublime, voir entre forcement sublime et forcement sublime. Tout en voyant les trous (du récit) le précipice mais surtout la « matière sensible ».

3 mars 2008

8 x 6

Tourneur en couleur, très en couleurs. La pirate se découvre un fiancé. Et les problèmes de commencer bientôt. Les histoires d’amour finissent mal. Tourneur toujours bien dans la nuit. Tourneur toujours amoureux des épaules opalines. Et moi davantage maintenant Barbe Noire. Moins Louis Jourdan avec le temps.

29 février 2008

Dérailleur

Bons baisers... à lundi, Audiard père, navet cotonneux du genou, marron et seventies, des bons mots, des acteurs en pignon libre, Carmet, Mario David, Pacome, Bouquet, Guiomar… Principalement Bernard Blier en moumoute et costume coruscant, les autres sont bons, lui est génial, beau comme un dérailleur Simplex à parallélogramme articulé. Loin du sinistre shimano , très loin... avec les mots qui bondissent de lui comme la chaîne bien graissée ferait bondir la roue à sa juste mesure… si elle bondissait au lieu de tourner, évidemment.


c'est automatique

29 janvier 2008

Méliès

Je ne trouve plus dans le cinéma ce que je trouve entre les lignes, le cinéma était quelque part dans la communion, voir un lieu à minimum d’accord … une pratique peut-être pas assez solitaire et comme j’ai déjà du mal à faire avec moi-même, comme il faut que je tente de faire avec moi-même avant de faire avec les autres, le cinéma est devenu quelque chose de loin et d’assurément distant, j’essaye de me retrouver entre les lignes.