29 décembre 2014

Délicieux

Dans des temps ancestraux, les Juifs outre le pourceau ne mangeaient ni lapin, ni chat-huant, les Syriens évitaient le poisson et les colombes tandis que les Égyptiens se gardaient bien de consommer chiens, anguilles et crocodiles. Les Romains étaient quant à eux moins regardants, l’utérus de truie faisait les délices de leurs grands palais sybarites.

28 décembre 2014

Contrit

La vie n’étant qu’une longue suite de galimatias inintelligibles dont l’issue est le plus souvent tragique puisque TOUJOURS fatale on comprend mieux l’air contrit du petit bonhomme attendant l’autobus nº 23 sous un chêne centenaire.

27 décembre 2014

Tâtonnant

Empruntant d’un humble faux pas un sentier plus bucolique que scientifique moi et mes multiples hésitations sommes tombés sur une vérité quasi palpable. Tâtonner c’est parfois trouver.

23 décembre 2014

Automnal

Plus ne suis ce que j'ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été 
Ont fait le saut par la fenêtre. 
Clément Marot (1496-1544)

22 décembre 2014

Testiculaire

Pour certains anciens les hommes provenaient du testicule droit tandis que les femmes provenaient du testicule gauche. Les plus malins d'entre eux se ligaturaient donc le testicule gauche afin de s'assurer une descendance mâle. Sans la moindre anesthésie, l'exercice était certes un tantinet douloureux, mais il était surtout hautement profitable.

16 décembre 2014

Régulé

La plupart des artistes, musiciens, écrivains, philosophes qui ont donné un petit goût charpenté à l’humanité seraient certainement aujourd’hui diagnostiqués comme « bipolaires ». On les « traiterait » chimiquement afin de leur apporter un semblant de « vie normale », tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Dans cette belle armée de toqués potentiels, il y aurait certainement un Pessoa semi-ravi, avec un drôle de chapeau et une petite vie régulée par le Lithium.

14 décembre 2014

Girond

Face à la subreptice lassitude qui pourrait nous nouer au débotté je ne vois qu’un seul remède valable : un relâchement, butinant et girond, souverainement assumé.

11 décembre 2014

Desquamé

Il faudrait que nous sachions nous débarbouiller de toute crasse ontologique tout en oubliant les écailles picotantes du « pourquoi sommes nous là ». Propres et comme desquamés nous aurions alors tout loisir de vivre avec la légèreté bonhomme de ceux qui ignorent presque tout sur tout.

8 décembre 2014

Gandin

L’élégance lustrée des petits maîtres, dandys et autres gandins. Leur imperméabilité aux lourdeurs du temps ; leur légèreté sautillante.

7 décembre 2014

Vieillissant

Notre âge avançant, nous vacillons et déposons toute ambition à même le sol. Puis, avec une pointe de nostalgie taciturne, nous commémorons les temps anciens, notre jeunesse, nos aspirations.

5 décembre 2014

Primesautier

« Je trouve de moins en moins de goût à tout, et même de ne trouver de goût à rien » (Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquilité)

27 novembre 2014

Ombreux

La lumière de novembre est si tenue, incertaine et faible que l’on se demande si elle n’existerait pas uniquement dans le but sournois de faire trépigner  une nuit qui attend son heure légale impatiemment. 

26 novembre 2014

Guilleret

D’une humeur inopinément sautillante je ricoche sans faux fuyant, dans de très petits bonds comiques, vers un ailleurs que le commun des mortels pourrait aisément imaginer radieux. 
Cette allégresse ne durera certainement pas, je vais m’en contenter.

25 novembre 2014

Demi-mot

L’usage judicieux de l’euphémisme me semble être l’un des combles de l’élégance ; un petit bouclier gracieux, un signe de civilité, de douceur et d’ironie face à l’indicible qui plus qu’à son tour tente de nous saisir avec ses grandes pattes véritables.

17 novembre 2014

Umouristique

Être à côté, sans exagération ni hyperbole, dans une ironie plaisante et sentimentale, une ironie inachevée tournicotant aimablement autour d’un autrui compère ; c’est ce que j’appelle UMOUR.

16 novembre 2014

Estourbi

Si j’aime tant me bastonner moi-même, c’est parce que cela me permet de pourvoir à mon inlassable besoin d’être estourbis. Je marche alors de guingois, la tête dans les étoiles, je suis presque heureux.

14 novembre 2014

Bougon

L’époque étant ce qu’elle est une troupe d’esprits finauds s’est permis d’inventer au débotté une « journée de la gentillesse ». Ainsi aujourd’hui sur l’habituel et désolant agrégat de vulgarité formé par tout semblant de société flottait un drapeau douceâtre, mielleux et sucré, le drapeau des patelineurs et autres patte-pelus. Quant à moi, je me suis repu de bougonnerie.

9 novembre 2014

Abyssal

Je serais bientôt en bord de ravin, cette excavation longitudinale, ce vide sombre pâle et rond dans lequel j’aurai peu de peine à vouloir choir. En attendant, je suis encore chez Cioran, dans ses Cahiers, presque un autre précipice.

7 novembre 2014

Désoeuvré

Il est des jours où le désœuvrement vous fait faire de drôles de choses. Tenez, pas plus tard qu' aujourd’hui je me suis permis de diviser le nombre de mon année de naissance par le chiffre de mon mois de naissance ! Ce n'est pas rien, le résultat est étonnant, figurez-vous que 1966 divisés par 4 font 491,5 ! D'aucuns avec un tel résultat n'auraient pas fait grand-chose de bien captivant, je me suis quant à moi dirigé vers mon auguste bibliothèque et j'ai lentement recherché le 491e volume en partant du haut. Croyez-moi ou non, mais ce 491e volume s’est avéré être un petit bidule moderniste de George Perec ! De surcroît pas n'importe lequel de ses petits bidules modernistes :  Les Choses  ni plus ni moins ! Un peu étourdi par un hasard tout autant élégant qu'oulipesque, j'ai ouvert le volume page 10 (je suis né le dixième jour d'avril 1966) il y était question d'un petit fauteuil canné, d'un téléphone, d'un agenda de cuir, de choses et d'autres… 

 N.B. Le délicieux Evelyn Waugh est mort le 10 avril 1966.

2 novembre 2014

Décanillant

Tournant sans gaieté autour du morne agrégat du quotidien, la déconfiture me guettant, il faudrait que je me trouve des ailleurs, que je décanille d’un pas léger, la tête en l’air.