25 juillet 2016

Festif

Je suis content, je suis festif, je suis dans ma fan zone de confort.

23 juillet 2016

Patinant

L’âge aidant la patine est sur moi, en moi.

22 juillet 2016

Monténégrin

Cetinje est une capitale historique égarée dans une cuvette de moyenne montagne. Le palais de l'ex-roi ressemble à une replète maison bourgeoise et un peu plus loin la tour en pierre où les habitants avaient l’ habitude d'accrocher la tête de leurs ennemis turcs somnole dans la brume.

20 juillet 2016

Tuberculeux

Les sofas des sanatoriums ont toujours de bien curieux dossiers.

3 juillet 2016

Infanticide

« Le petit caïman que sa mère mange retourne au ventre qu'il connaît bien ». (Jean Paulhan - Les Hain-Teny Merinas)

26 juin 2016

Étonnant

Remy de Gourmont est mort le 27 septembre 1915 – le jour où Blaise Cendrars perdit son bras – ce n'est pas rien.

18 juin 2016

Basculatoire

Je tangue au son d'une barcarolle basculatoire, le soleil est là, ma conscience s'envole en heureuses fumerolles. Le monde devra faire sans moi.

3 juin 2016

Libéré

L’électricité, le cuir, la sexualité débridée et les petits cachetons pris au débotté, la fin des années soixante avait tout pour elle.

31 mai 2016

Olfactif

Pour Alexandre Vialatte Mauriac est un olfactif mené par l'odeur. Ses romans sentent la résine, la table de nuit mal aérée et les vieux papiers de notaires. Les chambres des veilles filles y trouillotent le suicidé tandis que les paliers reniflent immanquablement la fuite de gaz : « …de temps en temps, il ouvre la fenêtre, et on voit ciel. »

28 mai 2016

Turgescent

Chinois et Coréen guérissent leur impuissance en ingurgitant de la bile d'ours noir séchée. Le viagra est mieux.

5 mai 2016

Cérémonieux

J'ai toujours beaucoup de peine à vouloir ranger dans ma bibliothèque un livre que j'ai aimé et avec qui j'aurai vécu quelques jours d'heureuse coalescence. Voilà comme une petite mort et des quasi-obsèques corrélatives où quoiqu’on en dise l’émotion est bien présente.

4 mai 2016

Dandyesque

Robert de Montesquiou me semble être le prototype du genre « ma vie c'est mon œuvre », voilà un garçon qui rangeait ses cravates et chaussettes dans une vitrine, comme dans une bibliothèque, et je ne vous parle pas du reste.

1 mai 2016

Montherlanesque

« Et là, sur un banc, parmi les femmes de chambre allemandes déguisées en nurses anglaises, les enfants, les mutilés, les moineaux, les satyres à l’œil douloureux, les retraités promenant leur catarrhe de banc en banc, je tire mes feuillets et j’écris mes bêtises, tandis que tournent autour de moi les petites filles, pleines de poursuites et de cris comme des hirondelles de septembre.» (Henry de Montherlant, le Fichier parisien)

30 avril 2016

Ensoleillé

Le soleil est une étoile qui tombe de l'azur et s’arrête aux bords de mon petit intérieur pour mieux briller dans mes rideaux. À tout bien réfléchir, cela n'est pas rien et pourrait presque expliquer ma présence en ce bas monde.

18 avril 2016

Ému

Chez Charles Du Bos le sensuel domine ; il n’est qu’un émotif ému par des « sujets intellectuels » et en aucun cas un intellectuel. C’est la simple remontée de ses émotions — profondes — qui tient chez lui lieu de pensée : « Le malentendu commence, par l’incompréhension de l’intellectuel-né, à l’égard de la sensation. Le miracle de la sensation c’est l’alliage de l’absolu de la précision, de l’unicité, de tout ce qui rend si bien l’adjectif unmistakable, avec une ouverture soudaine sur l’illimité. Les adversaires de la sensation se trompent à son sujet parce qu’en elle ce n’est jamais l’ouverture, mais la clôture (l’acte de clore) qu’ils voient. (Et je dirais — rejoignant ici un courant de pensée qui m’est familier — qu’il y a des sensations qui ferment au lieu d’ouvrir, mais ce sont les sensations intéressées, celles, à la recherche desquelles nous sommes partis, non point celles qui fondent sur nous.) Quand à la fin d’un de ses poèmes Hofmannsthal nous dit : “Et trois sont un : un homme, une chose, un rêve ”, il définit merveilleusement l’état propre à l’être de sensation. »

16 avril 2016

Désoccupé

La désoccupation étant l'une de mes non-activités favorites, il est bien possible que je n'aie vraiment rien pour moi.

15 avril 2016

Édouardien

Chez Saki il n’y a que les enfants et les bêtes pour être vraiment sympathique. Les « autres », le monde, cette société édouardienne que l’on griffe en sautillant, n’est qu’un aréopage de duchesses trop précieuses, de tantes acariâtres, de femmes légères et d’hommes si ternes qu’ils pourraient virer au beige clair sans crier gare. Il y a bien quelques dandies cyniques, mais ils sont plus drôles que sympathiques. Bref, l’antipathie règne, sans ostentation, toujours légère et sans semelles de plomb. 

14 avril 2016

Désabusé

« Dés que je me suis mis à réfléchir, j'ai pris le ton du désabusement et ne l'ai plus quitté depuis. » (Cioran, Cahiers)

29 mars 2016

Flottant

Valery avait un petit côté flottant. D’ailleurs, c’est ce qu’aimait chez lui le jeune André Breton, ce côté flottant. Il lui trouva ensuite des semelles de plomb sans voir celles qu’il portait lui-même. Il faut dire que Breton se trompait parfois. On ne lui en voudra pas trop, il est mort et s’agissant des morts nous n’avons rien à dire de mal. Valery, lui, est mort le 20 juillet 1945, il y avait encore des odeurs de feu d’artifice dans l’air.

23 mars 2016

Équilibré

Dans ma lointaine jeunesse, il m'est arrivé de « faire les vendanges » en la compagnie d'un rasta blanc et d'un sosie quasi parfait de Michael Jackson. Le rasta blanc fumait sans cesse de la drogue et zigzaguait entre les rangs de vignes tandis que le sosie de Michael Jackson effectuait des moonwalks un brin embourbés. Il y avait aussi un sympathique petit vieux édenté qui faisait le tour de France à vélo tout en ramassant noix, pommes et raisins. De nous quatre c'était certainement le plus « équilibré ».