14 juillet 2017

Disséminé

J'écris ces lignes rabougries dans une quiétude toute relative tant le voisinage est bruyant et semble évoluer en faisant fi de tout ce qui l'entoure (en l’occurrence moi-même, entité silencieuse discrète et fluctuante). C'est certainement l'un des grands progrès du « vivre ensemble », aujourd'hui on existe en plein air en ne gardant plus rien pour soi, on dissémine ses opinions, son essence la plus intime à tous les vents, le champ du privé s'est tellement rétréci que le voilà rendu à ce qu'il était au moyen-âge : un point focal infinitésimal.

12 juillet 2017

Alcoolisé



Mes débuts dans l'alcoolisme (mars 1977)

3 juillet 2017

Anti Startupper

« Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.» (Fernando Pessoa, Bureau de tabac)

26 juin 2017

Stylé

« … les laquais ont l’habitude de se tenir dans une posture modeste, mais assurée, debout juste derrière la chaise des maîtres occupés à manger. Tel est l’usage. On peut y voir une forme de bon ton, ou de style. » (Robert Walser, Vie de poète)

19 juin 2017

Réactionnaire

Tous mes vieux voisins sont morts, ils ont été remplacés par des types tatoués qui se déplacent dans des véhicules 4x4 tout en laissant s'échapper moult tintamarres autotunés. Les temps sont ainsi, il faut faire avec.

17 juin 2017

Monarchique

L'Iran de Mohammad Reza Pahlavi n'était pas de tout repos. Pour oui pour un non on vous enlevait , on vous emmenait dans une salle des supplices, on vous brisait les os, arrachait les ongles, sciait le crâne. On comprend mieux l'air circonspect des Mollahs.

10 juin 2017

Opératique

Rossini est un gros sybarite gourmand qui en dehors de ses opéras cuisine des tournedos et des macaronis.

25 mai 2017

Voyageur

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes ;
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

(Charles Baudelaire, Le voyage)

12 mai 2017

Symboliste

Germain Nouveau est un grand frémissant et un grand rêveur aussi. Trop dépeigné il n'entrera jamais vraiment dans la vie, après moult aventures on le verra mendier et chercher sa nourriture dans les poubelles, un dimanche où il tendait la main à la porte d'une des églises d'Aix Cézanne lui jettera cent sous… Il trépassera de faim volontaire, oublié de tous, un jour de Pâques.

11 mai 2017

Senti

Le discernement est un ceinturon bien ajusté sans lequel nous serions plus d'une fois cul à l'air et pantalon sur les chevilles.

8 mai 2017

Monégasque

Monaco est une Suisse méditerranéenne parfaitement ripolinée. Elle est policée à un tel point que les sens interdits foisonnement par centaines, les agents vous sifflent à tout bout de champ, pour oui, pour un non, on dirait des pinsons endimanchés.

6 mai 2017

Routinier

Le 27 septembre 1811, Stendhal est à Florence. Les yeux et les jambes fatigués par les voyages il s'ennuie un peu, se promène tout de même, va à l'Opéra tourne autour de la tombe de Machiavel et de Galilée, s'extasie sur la douceur des vers de Virgile. En somme le train-train de l'ami Beyle.

7 avril 2017

Gouteux

« La chair de légende des petits grooms s’accommode avec des figues pelées et une sauce où passe furtivement l’odeur de l’hôtel.» (Roland Topor, La Cuisine cannibale)

26 mars 2017

Dansant

Il faut que les mots jaillissent comme par hasard, sans intervention du cogito. Rien d'articulé, n'articulons pas, laissons faire le crayon, le flux du crayon, il n’y que le flux du crayon, ce bruit, ce crissement sur le papier et l'ombre de notre main qui danse.

17 mars 2017

Volcanique

Le 1er mai 1787 Goethe baguenaude sur les flancs de l'Etna. Il croise une délicieuse jeune fille, à la taille riche et élargie. La végétation est printanière, des fleurs jaunes et des cactus aux formes étranges poussent un peu partout. Au loin, plus bas, Catane frémit dans la brume.

13 mars 2017

Désœuvré

Il y a quelques années, par désœuvrement plein et entier, il m'était arrivé de vouloir passer plusieurs petites choses de l'ami Baruch (Spinoza) dans la moulinette de Google translate. Contre toute atteinte le résultat n’eut rien de vraiment décevant. Figurez-vous que les mots de Spinoza traduits en swahili, puis en letton, puis en hébreu, puis en hongrois, puis en finlandais, puis en allemand, puis en français ressemblent comme deux gouttes de genépi aux fameuses élucubrations alcoolisées de feu Gilles Deleuze !

9 mars 2017

Finaud

La bêtise n'est qu'un rétrécissement de l'horizon mental, un manque d’imagination plutôt qu'un manque d’intelligence.

17 février 2017

Deplumé

Constatons simplement que le chauve est le plus souvent circonspect lorsque devant un miroir, il se scrute glabre de la boite à encéphale.

14 février 2017

Entiché

Le flottement, la constante hésitation des intuitions, le coûteux et patient décalage où chacun est amoureux du reflet de son propre sentiment pour un ou une autre inaccessible, amour en miroir où Narcisse ne se reconnaît pas.

11 février 2017

Effarouché

La timidité est une maladie qui vous fait vivre un peu de côté, à l'ombre des risques. Que voulez-vous les timides sont plus conscients des dangers, ils ont la peau plus fine et des antennes plus sensibles, ils évitent la moindre lutte, le moindre frottement avec leurs congénères, ils vivent dans un hors là qui n'a que très peu de rapports avec le monde des dominants, des fanfarons, des sûrs d'eux-mêmes.