11 juillet 2008

Apéritif

« La pluie a commencé, pluie d’automne, sans sursis, définitive. Il pleut partout, sur Paris, sur la banlieue, sur la province. Il pleut dans les rues et dans les squares, sur les fiacres et sur les passants, sur la Seine qui n’en a pas besoin. Des trains quittent les gares et sifflent ; d’autres les remplacent. Des gens partent, des gens reviennent, des gens naissent et des gens meurent. Le nombre d’âmes restera le même. Et voici l’heure de l’apéritif. »

Les dimanches de Jean Dézert
seul court roman de Jean De la Ville de Mirmont. Ami de l’enroué Mauriac. Mort jeune, 28 ans, nuque brisée, 14/18, une boucherie...
Un peu bovien, un peu nouveau roman avant l’heure légale, un peu Perec, L’homme qui Dort sans barbiche ni mots croisés, une moustache lustrée à la place. Petit charme talé, petite lassitude lasse, grande solitude, amour laconique, rupture incongrue : « Votre visage est trop long pour que vous fassiez un bon époux » molle résignation, tentation de la noyade, de la pendaison, l'eau mouille, le plafond est trop bas, désespoir indifférent, retour au quotidien, à la vie… On comprend l’influence de tout ça sur le sournois Houellebecq, ce dernier ne taisant pas l’influence.

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