4 août 2008

Sacrifice

Je sacrifie huit orgasmes avec Shirley MacLaine pour être avec vous, c’est un problème.

30 juillet 2008

Balai

Ne cherchez pas un trou de verdure où chante une rivière, vous ne trouverez qu’un trou d’un autre genre et rien qui chante, ne cherchez pas non plus le balai de Val car si on distingue très bien les 80 de Siné, le seul et unique de Val est bien caché.


Ps: ne cherchez pas dans la verdure

29 juillet 2008

Silhouette

L'Ombre d'un doute

L'Ombre d'un doute - Alesund (Norvege)

19 juillet 2008

Maçonnerie

Peut-on mourir devant un tableau ? A cette question Proust répond oui, Bergotte meurt devant la Vue de Delft de Vermeer ou plus précisément c’est un détail de ce tableau qui l’entraîne dans une ivresse fatale, ce détail c’est un petit pan de mur jaune à l’extrême droite du tableau, un détail qui isolé de l’œuvre devient une matière précieuse qui l’étourdi au point de lui faire comprendre la vanité de son œuvre littéraire. Proust avait vu le tableau de Vermeer en 1902 à La Haye et lors d’une exposition au jeu de paume en 1921 où il fut victime comme Bergotte d’un malaise « depuis que j’ai vu au musée de La Haye La Vue de Delft j’ai su que j’avais vu le plus beau tableau du monde . »
Cette toile, en elle-même, est assez singulière pour Vermeer c’est son seul grand tableau de paysage alors qu’habituellement il privilégie les intérieurs peuplés de personnages souvent féminins, la Vue de Delft est d’une grande exactitude topographique, extraordinairement minutieuse dans les détails et hantée par une lumière admirable.

« Il mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la vue de Delft de Vermeer (prêté par le musé de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse œuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l’exposition. Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements ; Il passa devant plusieurs tableaux et eut l’impression de la sécheresse et de l’inutilité d’un art si factice, et qui ne valait pas les courants d’air et de soleil d’un palazzo de Venise, ou d’une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Vermeer qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais ou, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. « C’est ainsi que j’aurais du écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune. » Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l’un des plateaux, sa propre vie, tandis que l’autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune ; Il sentait qu’il avait imprudemment donné la première pour le second. « Je ne voudrais pourtant pas, se dit-il etre pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition. » Il se répétait : « Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune. » Cependant il s’abattit sur un canapé circulaire ; aussi brusquement il cessa de penser qe sa vie était en jeu et , revenant à l’optimisme, se dit : « c’est une simple indigestion que m’ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n’est rien. » Un nouveau coup l’abattit, il roula sur le canapé par terre ou accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort. Mort à jamais ? Qui peut le dire ? »
Marcel Proust - La Prisonnière

18 juillet 2008

Unijambiste

Il est bien possible que les pires salauds trouvent toujours une porte pour se dissiper furtivement, l’appétence de l’unijambiste face au canoë kayak n’est pas pire.

16 juillet 2008

Rivages lichtenbergiens

Vous voyez bien là-bas, dans le fond, ces fameux rivages sans mer ni terre à qui il ne manque que du solide et du liquide pour faire bonne mesure.

Puzzle

Cher toi,

Je m’empresse de te signaler les « Fragments de Lichtenberg » de Pierre Senges qui me semble un ouvrage pour toi, et pour moi. Te sachant lichtenbergien plus qu’à ton tour, tu y trouveras de la matière à ton goût. Des aphorismes en confettis rassemblés dans un casse-tête mousseux. Le puzzle résolu et vu de loin formera devant tes yeux incrédules, un roman global à saveur encyclopédique ; dans le pas d’autres croquignolets et mirliflores scribouilleurs affiliés à la fédération internationale de puzzle : Robert Burton, Laurence Sterne, Jonathan Swift …

Bien à toi.

15 juillet 2008

Mortier

Hasard coïncidence ? Je poursuis mes pérégrinations par l’Insupportable Bassington de ce cher Saki qui comme Jean De la Ville de Mirmont trépassa chez 14/18. Nos deux oiseaux, l’un presque anglais, l’autre vraiment myope, engagés volontaires, demandèrent le front, les tranchées et la vigueur du mortier, une très mauvaise idée.

11 juillet 2008

Apéritif

« La pluie a commencé, pluie d’automne, sans sursis, définitive. Il pleut partout, sur Paris, sur la banlieue, sur la province. Il pleut dans les rues et dans les squares, sur les fiacres et sur les passants, sur la Seine qui n’en a pas besoin. Des trains quittent les gares et sifflent ; d’autres les remplacent. Des gens partent, des gens reviennent, des gens naissent et des gens meurent. Le nombre d’âmes restera le même. Et voici l’heure de l’apéritif. »

Les dimanches de Jean Dézert
seul court roman de Jean De la Ville de Mirmont. Ami de l’enroué Mauriac. Mort jeune, 28 ans, nuque brisée, 14/18, une boucherie...
Un peu bovien, un peu nouveau roman avant l’heure légale, un peu Perec, L’homme qui Dort sans barbiche ni mots croisés, une moustache lustrée à la place. Petit charme talé, petite lassitude lasse, grande solitude, amour laconique, rupture incongrue : « Votre visage est trop long pour que vous fassiez un bon époux » molle résignation, tentation de la noyade, de la pendaison, l'eau mouille, le plafond est trop bas, désespoir indifférent, retour au quotidien, à la vie… On comprend l’influence de tout ça sur le sournois Houellebecq, ce dernier ne taisant pas l’influence.

8 juillet 2008

Goitre

Qui n’a pas son goitre ? La recette est pourtant bien simple ! On se fait au cou un trou minuscule et pour ainsi dire invisible. On saisit, après, une paille que l’on ajuste soigneusement à l’orifice proposé. Il suffit ensuite d’attendre le premier badaud qui passe : « Soufflez-moi un bon coup là-dedans », dit-on au quidam interloqué mais néanmoins coopératif.

Et comme par magie le goitre de s’épanouir.


Thaumaturgie du goitre et balladurisme triomphant. Prochainement nous aborderons flegmatiquement la péritonite, c’est une autre histoire.

7 juillet 2008

Wimbledon

Mon Dieu quelle finale de Wimbledon !! Quand, après coup, on se remémore le saumâtre euro de balle au pied déjà oublié, il y de quoi rester dubitatif et raide de son polo Lacoste jaune. Il y a surtout de quoi préféré le Tennis, le Golf et le Yachting en solitaire : sports où l’on reste face à soi même plus qu’à son tour et où il est plus difficile de falsifier son manque de talent dans l'exhortation des foules avinées et basses de neurones.

6 juillet 2008

Alibi

Jacques Offenbach devant la salle Favart en flammes se fit porter un fauteuil sur lequel il posa goulûment 15 cm de fesses afin de mieux profiter du spectacle. C’était le 25 mai 1887 pendant le seconde combustion de la salle déjà mentionnée - la première combustion datait de 1838-. La principale victime de cette charbonneuse histoire fut la partition des Contes d'Hoffmann. Force du hasard, méphistophélique coïncidence, la version allemande de cette même partition avait été , à l’identique, réduite en cendres, lors de l'incendie du Wiener Ringtheater (Vienne) en décembre 1881 ; un beau divertimento, plus de 300 victimes, sûrement des mélomanes fort marris de se voir ainsi calcinés alors qu’ils étaient là pour le comique et l’opéra bouffe. Pour ce qui est du quidam incertain posé sur un fauteuil devant les flammes en furie - une drôle de valse viennoise - toutes les hypothèses sont possibles et plausibles, que faisait Jacques Offenbach dans la nuit du 8 décembre 1881 ?

Pour finir, il est évident, qu’aujourd’hui, nous ne parlerons pas de Pouchkine et de sa fameuse nonchalance à la veille de son duel fatal.

2 juillet 2008

Unité

Refus du monde, de ses zélateurs, les communicateurs. Repli sur soi, esprit détaché et sinueux dans une unité de fait : indivisible. Sincère entente avec le cosmos. Affranchissement par les saintes extases. Détachement et exubérance. Redécouverte des corps, sensualité pérenne, abandon, renoncement…

1 juillet 2008

Nada

Le diariste rappliquant sans crier gare, la période est à nouveau à Manchette. Convaincu par le brouhaha circonvoisin je me suis donc autorisé un réexamen.

- Au hasard, Balthazar tenez tenons Nada par ses maigres flancs !

Et bien même tenu par deux tordus en goguette , il n’y a toujours rien à jeter dans et de Nada ; c’est encore cette mince brochure truculente tout autant que sèche , pleine et vive, orgueilleusement assurée dans ses traits, croquignolette dans sa brutalité, bienheureusement misanthrope et finalement terriblement seventies dans le bon sens ; à savoir, sans moraline mais avec un minimum d’éthique et un extremum de baignoires crasseuses. Bien autre chose que le chatoyant alter lance pierres à catogan sponsorisé par les shampoings équitables.

29 juin 2008

Nitescence

Que le jour est long à trépasser par ces soirs disproportionnés d’été ! La maison en face n’est qu’un pâle fantôme qui persiste à aquareller plus que de raison le ciel de sa blancheur adhérente. L’obscurité finit bien par venir mais on a beaucoup de peine à recueillir la nitescence langoureuse d’un rayon de lune au milieu de toutes les citadines lumières artificielles qui s’éternisent bien après l’heure légale.

26 juin 2008

Fluide

Le flux des choses se précipite aussi par nous; et nous, dans notre unité la plus soustraite, sommes conscients de cet écoulement incessant, de ce mouvement turbulent à la base de notre intuition vivante.

24 juin 2008

Egyptien

Cette conversation en langue anglaise se déroulait dans un silence solennel.

22 juin 2008

Constructivisme

Y-a t-il quelque chose du constructivisme russe chez le fluet Zhirkov ? C’est la question que je susurrais à l’oreille de la matutinale vendeuse de cafetière.
Marron, je n’eus droit qu’à un regard perplexe pour toute forme de réponse. Le football à des arcanes que l’entendement ignore.

Songes

Les souvenirs et l'esprit s’unissent par les songes, créant spontanément un fluide cristallin à la naissance de notre sensibilité, de sorte que cette expansion magnétique des souvenirs vers l’esprit est bien plus que le mouvement des éléments de la vie en elle-même.

19 juin 2008

Cogito

Certes d'une façon habituelle, la condition psychologique nous semble, dans la plupart des cas, dépasser considérablement la condition cérébrale. Je veux dire que la condition cérébrale n'en crayonne qu'une courte part, celle qui est capable de s’expliquer par des mouvements de locomotion. Prenez un raisonnement complexe qui se développe en une suite d’argumentations abstraites. Cette pensée s'accompagne de la reproduction d'images, au moins naissantes. Et ces images elles-mêmes ne sont pas peintes depuis la conscience sans que se dessinent, à l'état d'esquisse ou de tendance, les mouvements par lesquels ces images se joueraient elles-mêmes dans l'espace, - je veux dire, imprimeraient au corps telles ou telles attitudes, débarrasseraient tout ce qu'elles contiennent implicitement de mobilité spatiale. Enfin, rien n’est moins sûr...

15 juin 2008

Clitoris

Retrouvons Jacques Casanova De Seingalt là où nous l’avions laissé choir imprudemment . Voilà bien vite, toujours vite, l’histoire du vrai-faux castrat au clitoris colossal ; une histoire gracieuse et frémissante, une histoire au teint de rose, pudique et énigmatique. L’énigme tardant à se dénouer, Jacques fataliste, patientera en devisant (voir plus) nuitamment avec les deux très jeunes sœurs du susnommé présumé castrat évoqué plus haut. Notre castrat sera-t-il tel ou telle ? Un Eon en pire ? Le Jeu de l'amour et du hasard, les infortunes de la vertu, le mystère s'épaissit, feignons d'en être l’instigateur !

Forézien

Et je disais après tout, le souffle cérébral – ce que Landrin présentera comme inspiration - est bien une espèce de pensée comme éclair. C’est même une pensée à célérité absolue. C’est à dire qui va vers le plus profond et qui embrase, qui a une oscillation maximum et qui procède comme en un éclair. Il y a un étonnant livre de Baruch Spinoza qui s’appelle « L’éclair de Landrin ».

14 juin 2008

Baladodiffusion

L’énigmatique absence de Karim B dans le match de balle au pied France-Pays Bas serait le fait d’un hypra casque hi-fidelity ; cet ustensile ronflant mais néanmoins volumineux donnant à notre délié buteur, Karim B donc, le suspect aspect d’une semi petite frappe de quartier populaire. Certaines rumeurs, ici où là, authentifient, Raymond D l’entraîneur de l'escouade française, comme un genre d’espèce de sorte de beauf (un semi Jacky en somme) allergique à la baladodiffusion autistique. Voilà pourquoi le délié Karim B ne serait plus dans les plans de notre susceptible éducateur national poivre et sel. Dommage pour les esthètes, mais c’est ainsi.

3 juin 2008

Bunker

Mon caddie abattu est en navrant état,
L’ultime trou est le plus ardu.
Dans le sable d’un bunker je trépasserai,
Et tout le reste n’est qu’entertainment.

1 juin 2008

Léxomil

34:43 minutes minutes d’un Raoul°Ponge comateux et sous Léxomil. Le premier titre est là pour tromper l’ennemi. Pour les non déprimés et non suicidaires qui auront le courage de suivre le susnommé Raoul°Ponge jusqu’au bout, les autres trépasseront bien avant, sachez que l’olibrius fournit le chanvre, la corde et le réverbère.

31 mai 2008

Paysageologie indoor

Mon plus secret conseil, Valery Larbaud. Pastille vichy concassée, à sniffer après une eau pétillante locale. Le meilleur Larbaud a beau être ailleurs le moins bon de Larbaud est le meilleur de beaucoup.
Vichy oublié je débarquais bientôt dans la jungle, non loin du bagne d’Albert Londres et je tombais sur des choses que l’on a le droit de trouver drôles et humaines… terriblement humaines :

« Hespel Isidore, dit Chacal, matricule 13.174, ancien camisard, vingt ans de bagne pour avoir lancé un bouton de pantalon à la tête d’un colonel, en Afrique. Ancien bourreau des îles du Salut pour le compte de l’Administration, présentement maintenu en cellule à cause d’un meurtre que j’ai commis sur la personne du transporté Lanoé, du 2ème peloton, qui voulut m’empoisonner et qui avait assassiné sa mère qui lui donna le jour ! »

Un peu plus tard, mi-déçu, je quittais le Bucarest de l'ambassadeur Morand, une face historique poussive, une face désinvolte aérienne, pour les rives de la Vltava, Prague et Utz le dernier ouvrage de Bruce Chatwin. Un roman, oui un roman, un vrai… Enfin, presque, c’est assez compliqué en fait.

30 mai 2008

Diplomatie

Méditerranée, Mer des surprises de l’ambassadeur Morand. Au creux de deux cent pages pour l’essentielles, claires et fringantes, on notera quelques minimes lexies saumâtres et manifestement racistes. Le minimum étant en l’occurrence la lie du maximum et comme devant le mauvais rappel de tétanos perpétré avec une aiguille rouillée, on hurlera donc, encore une fois, Morand SALOPE !

Lune

Un Raoul°Ponge bourré serait-il préférable à un Sting jogger et fluoré, je pose la question !?

28 mai 2008

Sainte-Hélène

Le vil usurpateur, débarque à Golfe-Juan en même temps que son mini zodiac et pose son tuba. Quel chemin choisir ? Cambronne n'étant pas parvenu à rallier la garnison d'Antibes, la route vers Marseille via Toulon s'avère impossible. Ce sera Cannes, le vil usurpateur pose donc ses palmes et son tuba, dégonfle son embarcation semi-malléable et passe la nuit sur la future Croisette. Plus haut Grasse et ses fragrances attendent

26 mai 2008

Baptême

William Huskisson fut la toute première victime du rail, comprimé et tout à fait tué par la Rocket de Robert Stephenson lors de l'inauguration du Liverpool-Manchester railway le 15 septembre 1830. On concédera aisément qu’il est difficile de se voir plus précurseur en la matière. Ajoutons que William Huskisson, tout député de Liverpool qu’il fut, était également l’un des plus fervents zélateurs du chemin de fer naissant. Ajoutons également qu’il trépassa un sourire au coin du nez et pleinement heureux de ses idées modernistes. On le transporta, en effet, agonisant et à demi aplati vers un aléatoire thérapeute, ce à la vitesse stupéfiante de 58 km.h ! La mortelle locomotive faisant office, tout à la fois, de monstre homicide et d’ambulance dérisoire mais néanmoins véloce.

24 mai 2008

Cannois

Cannes, le fameux festival, les sous-hussards pouffent dans le dos de Philippe Garrel. Que les sous-hussards trépassent dans d'antipathiques afflictions, c’est tout que je peux leur souhaiter, à malin, malin et demi.
Pesant vers le bas, mon Dieu, pesant vers le bas ! Et beau en plus ! Bien parler mal des films c’était autre chose, enfin bon bref…

Etant le seul à hululer, ayant pleinement conscience de ce hululement unique et n'étant indisposé que par moi-meme je me suis donc permis de chercher la lumière (l’intelligence ?), la voilà

23 mai 2008

Pizza

La pizza surgelée est le pire de l’homme non-civilisé, le reste n’est qu’épiphénomène

20 mai 2008

Gabba Gabba Hey

Joey Ramone (né Jeffrey Hyman) des Ramones aurait du fêter ses 56 ans aujourd’hui. Par malheur pour lui et pour nous ( ?) Joey a été entre temps assassiné par un lymphome pas du tout Gabba Gabba Hey. C’était le 15 avril 2001, un accroc fâcheux, pour le moins, que ce lymphome là.

18 mai 2008

Football (Cahiers du)

J’ai été banni du forum des Cahiers du Football pour des raisons politiques (attaque anti-sarkoziste voilée et simili umoristique) ce qui a tout du tour de force tant mon non-engagement est pathologique et bien palpable.

Veau

il y a cette histoire qui raconte comment deux rabbins affamés ont ciselé la silhouette d’un veau, lui ont donné vie, pour mieux lui trancher la gorge et le déguster au souper. Jésus-Christ, lui, fabriquait des oiseaux miniatures avec de l’argile. Une fois la formule sacrée prononcée, les oiseaux chantaient, battaient des ailes et s’envolaient.

15 mai 2008

Noblesse

Le prince S, jaloux, ne sortait jamais sans avoir préalablement immobilisé sa femme en enfermant à clef sa natte, une natte fort longue, dans le tiroir de son bureau. Un bureau en acajou, le teck n’existait presque pas à l’époque. Le prince G, lui, ne quittait pas son pistolet qu’il utilisait à des fins ordinairement domestiques : il le déchargeait dans la cheminée pour convoquer ses valets, par la fenêtre pour saluer ses amis, sur les murs pour occire efficacement les punaises et autres bestioles chatouilleuses. Le prince Stourdza, baptisé Stourdza le veau par ses administrés concupiscents, était lui un colosse planté sur de courtes jambes ; il s’était développé les muscles du torse en portant tous les matins un petit veau jusqu’à ce que ce dernier devienne un bœuf de gabarit raisonnable; les tours de draisienne qu’il faisait par la suite dans le salon de son palais n’avaient par contre pas suffi à lui allonger les tibias, qui eux, restaient désespérément courts.. Le prince Stourdza ne quittait jamais sa femme ; même du regard, sauf les soirs de bal, où du haut de l’escalier, dressé sur ses gambettes, il disait à ses convives : « le buffet à droite, la princesse à gauche »

Rauschenberg

Huile, papier imprimé, reproductions imprimées, métal, bois,talon en caoutchouc et balle de tennis sur toile, avec huile sur chèvre angora et pneu sur socle en bois monté sur quatre roulettes.

14 mai 2008

Dasein

La prunelle de mes yeux vient de supporter douze minutes de Joe Dasein et me voilà suicidaire et visqueux. Oubliez le début simili polonais (russe ?) et quasi croquignolet, oubliez la chanteuse assassinée par elle-même, oubliez l'ignominieux pont disco et les staccatos de violons. Oubliez tout ça et écoutez vraiment. Ecoutez au-delà de la patine de cynisme qui vous engoncent bien trop souvent ! Voilà une moelle d’existentialisme en pleine combustion et accessoirement une grande chanson poisseuse.

13 mai 2008

Barbara

Barbara me fait peur. Déjà, enfant, elle me faisait peur. Quand ma voisine neurasthénique l’écoutait, je me cachais sous les draps, une lampe de poche dans la main pour me rassurer, je bataillais avec les démons. Alors Barbara, non-merci, Nico est plus drôle, et meilleure vélocipediste.

9 mai 2008

Diplomatie

L’ambassadeur Morand était souvent détaché et cynique, méfiant envers les idéologies. Il était surtout amoureux de sa femme, une princesse roumaine (Princesse Soutzo) antisémite et germanophile présentée par Proust. On murmure que Proust était, étrangement, amoureux de la dite princesse et que Morand, lui, se fit par la suite « homme de droite » par souci de quiétude matrimoniale. C’est tout Morand, lâche et veule, mais bon écrivain désinvolte.

3 mai 2008

Galliforme

La poule est le plus souvent le plénipotentiaire majeur femelle de plusieurs espèces de galliformes, notamment la poule domestique C'est la femelle du coq. On ne sait toujours pas si l’œuf est parvenu avant la poule ou l’inverse. Des études plus que sérieuses et avisées sont en cours de finalisation. Elles seront prochainement publiées dans la revue Nature.

22 avril 2008

Dandy

Je pense que Bryan Ferry manque tristement de style. Je l’ai vu à la télé, il est arrivé en smoking et ensuite il l’a enlevé. Je me suis dit, c’est le genre de type qui retrousse ses manches au restaurant.

Unanimisme

Si l’onanisme est une belle pratique, l’unanimisme est une belle idée, mieux chez Jules Romains que chez les autres qui sans la patine IIIeme rep serait devenu un autre Alfred Jarry convenable. D'ailleurs Jean Pierre Brisset l’un des plus fameux « fous littéraires » fut intronisé « prince des penseurs » par Jules Romains, le 6 janvier 1913, ce qui n'est pas rien…

20 avril 2008

Yak

On notera la grossière absence de sperme de yak caillé dans la composition de ce mets délicat. Ce qui est au-mieux un oubli coupable, au pire un manque de discernement incompréhensible entraînant une carence de goût inacceptable.

House Music

Intuitivement, j’ai toujours su que la House Music n’était pas née à Chicago circa 1980 mais bien à Lyon, et oui Lyon, et ce à la même date ! N’y voyez pas une quelconque et malfaisante interprétation de l’histoire ; mais combien d’industrieux Warehouse contre un Palais d’Hiver, unique, lugubre, sinistre et inquiétant ?

17 avril 2008

Oiseau

Il y a toujours une somme d’inconvénients à aimer les choses non essentielles. Par exemple, le passant, interloqué par le halo d’inconséquence vous surmontant tel un chapeau rond en forme d’auréole, se retourne surpris à votre passage. Plus tard et plus loin, la nature touchée, l’oiseau, l’Erithacus rubecula excepté, cesse, lui, de fredonner et vous considère d’un air affligé..
Il y a un désespoir étrange à se voir ainsi réduit peu à peu à l’état d’arôme d'anthropopithèque fluctuant dans un monde d’âmes concernées. En tous les cas l’autre nous est hostile, et même l’oiseau.

14 avril 2008

Pliure

Jusqu’au bout des seins je suis un fils de la pliure seventies-eighties. J’ai toujours trouvé suspects les « grands », leur couple barbe-pataugas et leur lourdeur non pataphysique.

11 avril 2008

Prolepse

Selon Henry Suso (Heinrich Seuse) ; quand l’intériorité est maintenue jusque dans l’extériorité, cette intériorité devient plus intérieure que si l’intériorité était maintenue dans la seule intériorité. L’inverse est possible, mais plus discutable.

Le saviez vous ? En rhétorique la prolepse est un procédé sournois par laquelle on prévient une réponse en la réfutant d'avance. Par exemple, « Cela serait trop long à expliquer. »

10 avril 2008

Cricket

D'après certains, le prince de Galles Frederik serait mort d’une balle de cricket reçue sur la tête. Pour d’autres, chose moins charmante, le coup aurait été porté sur l’abdomen, provoquant mal à propos un abcès au poumon. Il faut quand même savoir, que ce prince de Galles Frédérik là, en dehors de cette passion fatale pour le cricket fut le géniteur de George III, le « roi fou », ce qui n’est pas peu.

Moustache

Pour en revenir à nos amis d’outre manche, il faut savoir, que la moustache y était jadis prohibée. Un règlement de la Banque d’Angleterre en interdisait, par exemple, le port « pendant les heures de service ».
En octobre, l’Anglais tue le faisan. En novembre, il se tue lui-même

4 avril 2008

Body art

Le marquis d’Anglesey ayant été inopportunément amputé d’une jambe à Waterloo, fit faire des funérailles à son membre manquant et, tout en pleurant, le porta lui-même en terre.

Chez l’aborigène austral, après la circoncision, l’usage est de pratiquer la subincision qui, comme chacun sait, consiste à peler l’urètre comme une simple banane puis, ensuite, à l’écorcher avec un couteau de pierre. La coutume est rude, il y a très peu de convertis tardifs. L’échange des cordons ombilicaux desséchés se fait, lui, un peu plus tard, le soir, une fois le soleil couché.

Plus prés de chez nous en Afrique, le jeune chasseur, aussitôt sa première antilope tuée, doit s’accoupler avec elle. Plus tard devenu chef pygmée il devra savoir accommoder le missionnaire, puisque dans un pays sans sel, il faut savoir prendre le sel où il se trouve.. dans le sang.

13 mars 2008

Zéphyr

Valery Larbaud et Samuel Butler, l’un et l’autre, ensemble, et séparément.

Une suave nostalgie déjà au coin du cœur je venais d’abandonner les Enfantines de Valery Larbaud pour les brumes autrement plus rêches de Samuel Butler et de son Ainsi va toute chair. L’un étant traduit par l’autre… blabla...

Et bien sachez que, le Butler terminé, la nostalgie suave ou non, se voit dans le présent bien vérifiable qui nous importe, multipliée par deux. Si le Larbaud n’était que pur délice et zéphyr sur la nuque un soir d’été, le Butler lui est un vrai chef-d’œuvre global et , ce qui n’est pas peu, un vrai grand livre émouvant. Je n’aurais en aucun cas la force et le courage de vous en dire plus, lisez-le…

11 mars 2008

Lymphatisme

Il y a comme une chose inerte et pas encore complètement amorphe et alanguie qui semble, là, sur le sol, provoquer un sentiment mou et indécis chez l'observateur lassé. Cette chose qui ne peut être nommée est le résultat de disparates fusions fortuites et inutiles, amas incongru aggloméré de quelques résidus de bouts de poussière.

10 mars 2008

Sacrilège

Je sais bien que lire en écoutant forme sacrilège, mais ce matin, c’était Larbaud sur Ravel et Ravel sur Larbaud, ton sur ton…

8 mars 2008

Name dropping n°1

La méthode est simple : penchez la tête tel l’olibrius moyen et laissez votre regard flotter dans les livres. Dans cette position ridicule et dans l’atermoiement d’une vision apprêtée notez le titre du volume dés que du coruscant corusque. Dégagez une première liste, ensuite filtrez. Enlevez les choses ayant à voir avec la pose (Louis-René des Forêts, Jean Tauler et les mystiques rhénans style…) au risque de se départir de livres cruciaux mais que l’on veut garder pour soi (Retz, Saint Simon, la sainte Torah, Jean Grenier, Benchley…) ôtez, enlevez et voilà cent… (en fait 101 pour faire comme les dalmatiens).

Alexandre Vialatte - Chroniques de la Montagne
André Suares - Voyage du condottière
Antonin Artaud - Oeuvres complète, tome XXVI
Arthur Schnitzler - Une jeunesse viennoise
Bernard Noel - Le chateau de Cène
Blaise Cendrars - La main coupée
Bruce Chatwin - En Patagonie
Bruno Schulz - Les boutiques de cannelle
Carson Mc Cullers - Le coeur est un chasseur solitaire
CF Ramuz - La Grande Peur dans la Montagne
Claude Lévi-Strauss - Tristes tropiques
DAF Marquis de Sade - Justine
Daniel Defoe - Robinson Crusoé
Dino Buzzati - Le desert des tartares
Elie Faure - Histoire de l'art
Emmanuel Bove - Armand
Ernest Hemingway - Au delà du fleuve et sous les arbres
Ernst Junger - Orages d'acier
Evelyn Waugh - Retour à Brideshead
F Scott Fitzgerald - Tendre est la nuit
Fernando Pessoa - Le livre de l'intranquilité
Francis Ponge - Le parti pris des choses
François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre tombe
Franz Kafka - Le château
Friedrich Hölderlin - Odes, Elégies, Hymnes
Friedrich Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra
Gaston Bachelard - L'air et les songes
Georges Bataille - Le bleu du ciel
Georges Hyvernaud - La peau et les os
Georges Perec -W ou le souvenir d'enfance
Georges Perros - Papiers collés
Gérard de Nerval - Aurelia
Graham Green - Rocher de Brighton
Groucho Marx - Mémoires capitales
Guy Debord - In girum imus nocte et consumimur igni
Henri Calet - Peau d'ours
Henri Thomas- Le précepteur
Henry Michaux - L'espace du dedans
Henry Miller- Tropique du cancer
Herman Hesse - Demian
Hugo von Hofmannsthal - l'homme difficile
Ivan Tourgueniev - Premier amour
J.K. Huysmans - A rebours
Jack Kerouac - Sur la route
Jacques Lacarrière - L'été grec
Jacques Perret - Le caporal épinglé
James Joyce - Ulysse
JD Salinger - L'Attrape-coeurs
Jean Cocteau - Journal d'un inconnu
Jean Genet - Journal du voleur
Jean René Huguenin - Journal
John Cowper Powys - Les enchantements de Glastonbury
John Kennedy O Toole - La conjuration des imbéciles
Jorge Luis Borges - Le livre de sable
Joseph Conrad - Typhon
JP Sartre - Les mots
Jules Renard - Journal
Julien Green - Jeunes années
Lautréamont - Les chants de Maldoror
Lawrence Durrell - Le quatuor d'Alexandrie
Léon-Paul Fargue - Le Piéton de Paris
Lewis Carroll - Alice
LF Céline - Voyage au bout de la nuit
Louis Calaferte - Septentrion
Louis Hémon - Monsieur Ripois et la Némésis
Malcolm Lowry - Au dessus du volcan
Marcel Aymé - Le passe muraille
Marcel Proust - A la recherche du temps perdu
Marcel Schwob - Vies Imaginaires
Marivaux - Le Jeu de l'amour et du hasard
Michel Butor - Degrés
Michel Leiris - L'âge d'homme
Mikhail Boulgakov - Le maitre et la marguerite
Milan Kundera - La plaisanterie
Nicolas Bouvier - Oeuvres
Paul Gadenne - Siloé
Peter Loughran - Londres-Express
Philip Roth - Portnoy et son complexe
Philippe Sollers - Paradis
Pierre Drieu La Rochelle - Le feu follet
Primo Levi - Si c'est un homme
Rainer Maria Rilke - Les Cahiers de Malte Laurids Brigge
Raymond Carver - Tais-toi je t'en prie
Raymond Guérin - Quand vient la fin. Après la fin
Raymond Queneau - Le chiendent
Raymond Roussel - Impression d'Afrique
Richard Brautigan - Retombées de sombrero
Robert Musil - L'homme sans qualités
Robert Walser - Les enfants Tanner
Roland Barthes - Mythologies
Samuel Beckett - Molloy
Stefan Zweig - Oeuvres et nouvelles
Stendhal - Le rouge et le noir
Stig Dagerman - L'enfant brulé
Thomas Bernhard - Perturbations
Thomas Mann - La montagne magique
Valery Larbaud - A.O. Barnabooth
Vivant Denon - Point de lendemain
Vladimir Nabokov - Lolita
William Faulkner - Sanctuaire
Witold Gombrowicz - Ferdydurke

Sudoripare

J’ai toujours trouvé captivante la quiétude des intérieurs bourgeois. Le lumpenproletariat sudoripare est lui plus souvent qu’à son tour peu passionnant

7 mars 2008

Fact 44

Bidule affirmait : « Durruti Column c’est comme la vie et Brian Eno : très bien au début et chiant vers la fin » Pourtant « The return of... » reste, avec Super Jaimie, l’une de mes plus grandes apparitions accidentelles et adolescentes .. Celui libellé LC Fact 44, est moins bien, on sauvera Never Known.

La vie est atmosphérique, j’écraserais bien une balle de tennis.

3 mars 2008

8 x 6

Tourneur en couleur, très en couleurs. La pirate se découvre un fiancé. Et les problèmes de commencer bientôt. Les histoires d’amour finissent mal. Tourneur toujours bien dans la nuit. Tourneur toujours amoureux des épaules opalines. Et moi davantage maintenant Barbe Noire. Moins Louis Jourdan avec le temps.

1 mars 2008

Nyctalope

Quarante, vers Â... la courbe vite, et le lent cheminent, alors bon oui, un sonar. Il arrache ses yeux et les ingurgites ensuite, plus de soleil, juste le souvenir, comme l'écorce qui garde.

29 février 2008

Dérailleur

Bons baisers... à lundi, Audiard père, navet cotonneux du genou, marron et seventies, des bons mots, des acteurs en pignon libre, Carmet, Mario David, Pacome, Bouquet, Guiomar… Principalement Bernard Blier en moumoute et costume coruscant, les autres sont bons, lui est génial, beau comme un dérailleur Simplex à parallélogramme articulé. Loin du sinistre shimano , très loin... avec les mots qui bondissent de lui comme la chaîne bien graissée ferait bondir la roue à sa juste mesure… si elle bondissait au lieu de tourner, évidemment.


c'est automatique

28 février 2008

Grande tristesse de l’ensemble

« Depuis quand à Paris, les arbres s'abattent-ils sur des poètes en promenade et leur fracassent le crâne ? »
Klaus Mann

Les racines ? Non-merci je préfère les branches ! Oui Rilke, les anges, la cime des arbres. Ce faîte là, les branches, les frondaisons, ces racines buvant le ciel. Il n’y a pas d’autres racines possibles. Pas les tristes tubercules de Maurice Barrès.. Pas de glaise, d’humus gras et de limon national… Il y a Rilke, Rilke et Bachelard, Bachelard et Baudelaire, l’air et les songes, les nuages, les merveilleux nuages. Il faut aimer les nuages et il faut aimer les étrangers qui les regardent passer. Il faut savoir contempler le ciel à travers les branches et ne pas trébucher dans d’hypothétiques racines…

Les racines ? Les branches ! Un jour de juin 1938 une tornade incongrue s’abat sur Paris ; elle fait deux morts : un quidam incertain, trépassé au bois de Vincennes, et devant le théâtre Marigny ; un passant assassiné par la branche maîtresse d’un arbre de belle taille. Triste concordance avec notre sujet, le passant était Ödön von Horváth romancier et dramaturge mittleuropa réfugié à Paris à l'abri des sinistres païens à flambeaux teutoniques. Ödön von Horváth qui devait quitter Paris le lendemain pour l’Amérique. Voilà qu’en sortant du Fouquet’s, une tornade, une branche et derechef un nouveau membre de la vaste communauté des trépassés. Curieux destin, moins tragique que celui de Stefan Zweig ou Walter Benjamin défunts plus sombres, car conscients de leur trépas, eux... Néanmoins circonstances curieuses et somme toute grande tristesse de l’ensemble.

« Je n’ai pas de pays natal et, bien entendu, je n’en souffre aucunement. Je me réjouis au contraire de ce manque d’enracinement car il me libère d’une sentimentalité inutile... » Pour paraphraser et synthétiser le bienheureux Bernard Frank : « avec un ton pareil, c’était l’Amérique, la branche d’arbre ou les camps. »

27 février 2008

Cacochyme

Le cacochyme est de saison, il se portera pour toute raison et sans ourlet.

26 février 2008

Salade de merde rouge

Drôle d’écho (2)

Ce matin chez Pessoa :

« Je m’attriste davantage de ceux qui rêvent le probable, le proche et le légitime, que de ceux qui se perdent en rêverie sur le lointain et l’étrange »

alors que chez Nietzsche :

« Est-ce que je vous conseille l'amour du prochain? Plutôt encore je vous conseillerais la fuite du prochain et l'amour du lointain ! »

Bizarre réverbération entre deux heureux timbrés notoires? Pas tant que ça…

24 février 2008

Paresseux

Le paresseux est un mammifère d'Amérique tropicale. Un drôle de xénarthre qui fruit étrange et velu vie à l'envers suspendu dans les arbres. Il faut savoir, chose importante, que notre ami xénarthre se déplace avec une extrême lenteur. Il faut également savoir qu’il possède des griffes ahurissantes mais affecte en permanence un air doux et serein. Néanmoins le paresseux est souvent agacé par la présence sournoise de moult prédateurs plus prompts que lui ; le jaguar, l'ocelot, l'aigle harpie, bestioles sportives, cruelles et rapides. Alors que notre ami poilu somnole à bout de branche cette sinistre cohorte de ravageurs de xénarthres elles ne semble être motivée que par une efficacité toute libérale, mieux chasser pour être mieux rassasié, c’est la loi des tropiques encore un peu boisées, chasser plus pour être mieux rassasié, saloperie d’efficacité. Vous le savez déjà Le paresseux n’est pas qu’un mammifère édenté (à deux griffes et six vertèbres), c’est aussi un mot, avec de bienheureux synonymes, mou, souple, cotonneux, doux et tendre… Rien pour l’efficacité libérale tout pour le lymphatisme triomphant. D’ailleurs face au rendement généralisé il faut grimper dans les arbres, c’est la seule attitude valable. Là à l’envers, tête bêche, le sang reflue et le quidam, à l’instar du xénarthre, oublie tout, l’ocelot qui guette, le labeur rémunéré à qui mieux mieux , la morne productivité, le monde… et même voyez vous la gravité...

22 février 2008

Seconde main

Voilà que tout s’éclaire feu Blaise Cendrars était donc ambidextre de l’amputation.

20 février 2008

Gastronomique

La viande de l’ours, est comestible, une saveur proche du sanglier. La chasse étant périlleuse, le commun des mortels se contentera d’un petit ourson.
Si un ami, mortel, commun mais néanmoins amusant, intrépide et plein d’umour, vous offre un bébé ours, sachez que les meilleurs morceaux de ce ronronnant et mignon petit plantigrade sont les pattes, le reste est déjà trop dur, même chez le bambin grizzli aux yeux noisette.
La recette est simple : l’ourson aussitôt occis les pattes doivent êtres marinées, braisées au lard, puis grillées et servies avec une sauce piquante. C’est une recette yang, la « Paume d’ours » et c’est l’un des huit trésors de la cuisine traditionnelle chinoise.

19 février 2008

L’autre renonce à être moi

Mon cœur se contracte, mes nerfs frissonnent. J’ai de la foudre dans la gorge. Je marche vers la porte, les coudes écartés. Il est là. Il n’est pas là. Je suis là. Monsieur Hermès n’est plus là. Il ne vient plus. Il me guette dans l’ombre. Il faut que je me démêle. Pas de nostalgie. Le soleil en faisceaux, de l’or sur les dalles, du plâtre. Je me dissimule. La tête, le buste. Je monte dans les étages. Je souffle à chaque palier. Cinq étages. La main sur la rampe. La désolation, en bas, la cour, vitres cassées, une ombre qui tapisse les murs. Monsieur Hermès, une trace dans la poussière de plâtre. Monsieur hermès, un petit carnet dans son veston, sa poche, le carnet. Le carnet tombe dans le stuc dégradé. Le soleil, Monsieur Hermès n’est plus là. En haut je suis là, moi. Le sang me traverse. Le sang me pénètre. Je gonfle comme une bosse chaude. Mon œil disparaît dans l’ombre des tuiles. Voilà je suis en bas. Dans le stuc, le carnet, un crachat en pleine face, le carnet de Monsieur Hermès, la dernière page :

...

Je n’irai plus voir l’autre puisqu’il faut que l’autre renonce à être moi. Je ne veux, et ne peux plus, en aucun cas, être son reflet dans un miroir fortuit. L’autre a beau inventer des mots, son esprit n’est plus que cendres retombées en corolles insalubres. Tout cela pourrait être un drame, un malheur pour le commun des mortels, jamais pour moi et encore moins pour lui, mon triste ami. D’ailleurs cet ami-là, si sombre soit-il, n’éprouve rien, il ne fait que subir le passage du temps et il n’a pas plus d’existence tangible que l’agrégat de poussière amassé sous le canapé topaze posé au centre de sa tanière claquemurée.
L’autre affirmait il y a peu et dans un éclair de fausse lucidité, je cite de mémoire : « ressentir plus que subir les choses. » La poussière ressent-elle les choses ? N’est-elle pas plutôt faite de l’imperceptible et continuelle désagrégation de ces fameuses choses, ne ressent-elle pas le souvenir, l’absence des choses ? Je pense que l’autre se trompe, je pense qu’il est obscurci par un esprit dévié et malade, Lui imperturbable, pense l’inverse. Un chargement bizarre, il me croit lui, il se croit moi et il me croit souffrant ; alors que je ne suis incontestablement, non souffrant, et formellement encore moins lui.
Je n’ai rien de la poussière et tout du concret aggloméré, je serai poussière plus tard… le plus tard possible. Tout cela tangue, inlassablement, vers le compliqué, le fatiguant… De toutes les façons, l’autre n’existe que pour lui-même, il m’oubliera vite tout comme je l’oublierai bientôt. L’autre restera pour moi un résidu, de la pluie noire dans la tête, et je ne serai plus rien pour lui, qu’un vague souvenir alanguit.

Sombre constat, je suis en l’occurrence, assez peu compassionnel avec un être qui ne réclame aucune compassion, mais c’est ainsi.


Un crachat en pleine face. Je déchire la page. La dernière page. Voilà la première :
...

18 février 2008

Nouveau roman

Rien c’est n’importe quoi mais ce n’est pas rien pour autant

17 février 2008

LSD 25

les ravages de l'acid et le rivage des Syrtes. Chaque geste s'enfuit immédiatement vers l'intérieur. J’ai dénudé les rainures de son oeil et les chats invisibles ont hurlé comme des femmes ou des instruments endommagés.

16 février 2008

Je n'aime pas Eric Clapton

14 février 2008

Solex

A la campagne nous avions un solex c’était celui de la grand-tante institutrice à l’école catholique du coin. Quand en sortant de la messe la grand-tante était morte foudroyée sur le parvis de l’église, nous avions, illico, et sans attendre plus que ça, désossé son ex modeste monture pour en faire un vélocipède de cross. Une bête hybride noire et mate. Je ne sais pas s’il reste quelque chose du Solex, des os de l’aïeule mystique plus grand chose, elle qui était si pieuse, si célibataire, puisque si amoureuse de Jésus…

12 février 2008

Bavière

il faut savoir que le corps de louis II de Bavière fut retrouvé flottant entre deux eaux du Lac de Starnberg, à quelques brasse du rivage, sous un ciel d’orage sombre, derrière un paravent de roseaux cachant mal, plus loin un horizon ténébreux taché par un château tordu. Ce bon louis , lassé de claustration, avait étranglé son gardien et psychiatre, l’éminent Bernhard von Gudden... Sacré Louis ! finir, allez savoir comment, immergé en cette raide compagnie. On n’est jamais si libre que mort.


baroque, isn't it ?!

11 février 2008

Guy Môquet

Pour en revenir au Guy Môquet (ce n'est pas que j'y tienne et je crois que vous n'y tenez pas non plus) . Si l'on doit vous apporter votre Guy Môquet sur un plateau (ou doit on dire "blateau"?) je suggère les moyens suivants pour surmonter cette insupportable situation :

1: le comité réglementaire du football interdira de tremper tout Guy Môquet dans un café qui ne remplisse pas au moins une demi -c'est à dire trois quart- de tasse . Ceci préviendra toute vélléité de tatonnement.
2: Toute personne en relation avec le théâtre, soit accessoirement (...) soit comme acteur (...)
3: Mes deux petits garçons ne lanceront pas d'avions en papier dans l'oeil de leur Papa, ni plus haut que la tempe.
4: J'oublie cette clause.
5: Je me souviens de cette clause, mais je préfére l'avoir oubliée
6: Toute personne nommée Cheeky ne sera pas admise dans la compétition

(...)

Dans tous les cas il faut absolument faire quelque chose au sujet du Guy Môquet (...)

Saône-et-Loire

Pleines flegmatiques de Cuisery ou même Louhans... des champs glauques à perte de vue, champs glauques qui incitent à la pendaison après une bataille avec les silures.

10 février 2008

Cacographe

C’est bien connu, Flaubert ne savait pas écrire. Prenez par exemple Madame Bovary, et bien dedans Emma à des yeux bruns ; une autre fois des yeux d’un noir profond ; et une autre fois encore des yeux bleus ! Croquignolet n'est-ce pas ? Se claquemurer dans un cloaque borgne, s’engueuler tout seul, raturer, toujours et encore, se relire à très haute voix, sans cesse, pour en arriver là ! Ce n’est pas très malin Monsieur Flaubert ! Et tous ces clignotements syntaxiques, toutes ces phrases tordues et non conformes envers la doxa admise et tamponnée, toutes ces erreurs, tous ces oublis vis-à-vis de la plus élémentaire vraisemblance ; cette « tête phrénologique peinte en bleu jusqu'au thorax ». Vous faites un drôle de cacographe, Monsieur Flaubert !
Enfin, rien n’est moins sur, l’écriture, le plus souvent, ne fleurit pas seulement d’un quelconque frottement rêche avec le réel, du respect envers les règles en vigueur non plus ; elle fleurit de multiples attouchements entre divers éléments et souvent parmi ceux-ci du contact essentiel avec la parole, sans ce contact-là les mots se dessèchent comme la fleur sans eau. Voilà pourquoi même si Flaubert est souvent invraisemblable, et oscillant vers l’erreur, il n’est jamais asséché… tari et penaud dans ses mots, car il se relit en s’oubliant, le bougre !

En conséquence, comme le self séquestré normand relisons-nous sans cesse, cela fera toujours un lecteur, et n’oublions pas d’oublier la couleur des yeux d’Emma, cela va sans dire.

9 février 2008

Court traité du zzzzzzz

Le zzzzzzz ne doit pas excéder 15 caractères au risque de verser dans la surcharge et la mauvaise foi chafouine. Le zzzzzzz ne se revendique pas comme représentation graphique du sommeil, on parlera plutôt du chemin gracile vers le sommeil. Le zzzzzzz n’est donc qu’un état latent qui ne referme pas l’être, mais l’ouvre vers le sommeil et les rêves. Il est bien évident que le zzzzzzz est détaché de la moindre contingence envers le monde et qu’il se nourrit à la grâce des rayons du soleil et de quelques gouttes d’eau éparses. Le zzzzzzz est bienheureusement flegmatique et d’une placidité somnambulique. Le zzzzzzz n’est donc pas l’ennui ou le désœuvrement ou alors son reflet dans d’incertains miroirs brandis par de laconiques mains revendicatives.
On notera une utilisation bienvenue de la majuscule chez les plus espiègles, narquois et juvéniles disciples du zzzzzzz, le sommeil tombe plus vite à cet age.
Il est évident que devant l’adversité le zzzzzzz peut se faire plus petit voire disparaître, il sait également comme le Lézard s’adapter aux circonstances. D’ailleurs dorénavant il n’apparaîtra plus que sous la forme sublimée ressuscitée de biiiiiiiiiip notre grand homme des sciences sociales...

8 février 2008

Païens à flambeaux

Un jour, un entriste lambertise de la plus solide texture, attisa ma lanterne d’une lumière plus que sombre. Le négatif de mon entriste, un site internet à goût identitaire, me proposait dans ses liens comme un « bon blog culturel » ! Pour ces païens à flambeaux j'étais un « bon blog culturel » ! Moi qui n’étais et ne suis que neurasthénie en mouvement, moi qui n'étais et ne suis, lié à rien, si ce n’est au vide que je crée encore et toujours autour de mon désengagement viscéral. Moi qui détesterais toujours, les longs manteaux bruns, le lettrage gothique, les fougères…. tout comme la compassion envers les pauvres hères en déroute et les pancartes agitées par de petites mains revendicatives. Voilà que j’étais rattrapé par mon manque d’engagement, j'étais un « bon blog culturel » c’était bien fait pour moi. Il faut bien dire qu'un cyclothymique cynique se prend toujours la porte qu’il n’a pas toqué en pleine figure, c’est ainsi, et il n’y a rien à faire de plus que de constater…sournoisement.

Tout cela, en fait, était pour le moins intrigant ! Légèrement perturbant (Mon Dieu étais-je un identitaire s’ignorant ?) D’un autre coté chez les païens à flambeaux (le païen à flambeaux est souvent ridicule, sous la pluie, au petit matin après un sacrifice.) qui m’adoubaient, il y avait un lien sur une chose de Baudrillard, alors que Baudrillard, paix à son âme, n’a jamais été autre chose qu’un idolâtre à candélabres inversés… Je serais plutôt pour ma part sur le même chandelier, un identitaire qui n’a de similitude qu’avec lui-même, l’identité me paraissant une chose terriblement sotte en dehors des quincailleries auvergnates brumeuses (je suis une sorte de quincaillerie auvergnate brumeuse.) Si je devais reconnaître quelque chose de moi-même ce serait chez Franz Kafka, Robert Walser ou Fernando Pessoa étranges disparus aux identités pas très définies… et en tous les cas des types flottants autour de quoi ? on cherche encore….

Donc rassurez vous je n’ai rien à voir ni à entendre de ces fétichistes se flagellants avec leurs supposées racines. Je préfère les frondaisons (Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être sont des racines, buvant les cieux...) Peut-être aussi que ces quidams à lumignons là n’avaient, et n'ont, me concernant, que mauvais goût… et en tout…

PS : Le lien est toujours là, je suis si peu velléitaire, ils m’aiment, qu’ils m’aiment, je ne les aime pas.

Plombée-plombante

Marguerite Duras toute jeune, avant la mystérieuse disparition de son cou, était très jolie

7 février 2008

Facebook

C’est vraiment malin, j’ai étranglé tous mes camarades de classe, les autres se sont tantôt pendus tantôt noyés ou pour les plus imperméables aux rigueurs de l’atome ils sont devenus ingénieurs chez EDF.

Nobel

Retrouvez les cendres de Robert Walser et Bruno Schultz, mélangez le tout, dans l’agrégat résultant posez une mèche, allumez et attendez… moi je vais me coucher

5 février 2008

Monsieur l'Ambassadeur

Sachant que Monsieur l'Ambassadeur est grave tordu il est toujours plus aisé de l’aborder par d’infimes fractions homéopathiques. Le périlleux casse-cou qui le commencerait en se frottant à son consubstantiel soulier satiné - tout en prévoyant l’autre - risquerait de sombrer dans une obscure léthargie à l’ombre des piliers.


«...Il y a quelqu’un qui m’a enfoncé les doigts aussi loin qu’il peut dans la bouche et je vomis. De temps en temps il vient des morceaux d’homme de lettres : que voulez-vous que j’y fasse ? Et cette poussée, cette acclamation torrentielle de temps en temps, cette vocifération, ça va tout seul, en ordre, en désordre, comme une armée qui remplit le ciel et la terre... Explosion. Une série d’explosions quelquefois ! »

Mordoré



Assortiment de nuages oisifs sur leur lit de terre hâlée - Arizona (USA)

4 février 2008

Théière

Jean Potocki qui avait été jusqu’en Mongolie, se suicida en 1815 en se tirant dans la tête une balle d’argent qu’il avait fabriquée avec sa théière.

Cocktail

George Sanders, flegmatique dandy décalé à l’esprit cynique, s’est assassiné lui-même le 25 avril 1972 en buvant astucieusement un cocktail de Nembutal et de vodka. Il a laissé ce mot pour expliquer son geste :

« Cher Monde, je te quitte parce que je m’ennuie. Je te laisse avec tes soucis. Bonne chance »

3 février 2008

Menton

Beigbeider n’est pas Jardin, il est parfois drôle. Néanmoins je n’irais pas jusqu’à le lire...

Un homme avec un si grand menton, avec un frère si bien peigné - on n’est jamais responsable de son physique - pour le bedon, certes oui, mais pour le menton assurément non ; à moins de le raboter, chose qui coûte douleur et agacement chez l’aplani de la galoche tout frais du jour. On n’est pas responsable de sa famille non plus... enfin pas si sur, c’est assez compliqué en fait… voyez Jardin par exemple, (que ce bon Chevillard dégoupillait), et bien ce Jardin là c’est son fond de commerce à lui les histoires de familles, enfin c’est ce qu’on m’a dit, jamais lu une ligne de cet enroué perpétuel lancé par une baleine. Pour en revenir au menton, pour adhérer au menton avec la conviction du soudeur, loin des plages de galets où de sombres cacochymes en fin de vie stagnent dans un microclimat propice à l’épanouissement de leur futur trépas, pour en revenir vraiment au menton, et avant de prendre au soleil une retraite bien méritée : réécoutez « Teenage Kicks » .

Ah ! Oui c’est vrai j'adjure comme un diacre célibataire et tatillon, je l’ai déjà lu Beigbeider !

2 février 2008

Culinaire

Ce soir j’ai dégusté deux quenelles, peut-être, suis-je, allez savoir, un identitaire qui s’ignore ?

Fuseaux horaires



L’heure du mormon - Utah (USA)

1 février 2008

Tocsin

Et les jours de l'enfance et de l’adolescence. Jours épais avec des rêves ; comme des sacs de rochers pulvérisés !

Le livre, terminé est placide posé là sur le cœur, avec ses phrases qui déjà sonnent le tocsin de la nostalgie.

Pourquoi le Grand Meaulnes alors qu’il y a Fermina Marquez autrement fluide, senti et subtil ?

Et pourquoi pas non plus les Fruits du Congo autrement brumeux, mystérieux, tendres et auvergnats ? Je pose la question.

Monsieur Hermès et moi

Monsieur Hermès préfère vivre, moi je reste avec et dans les livres. Vivre par procuration c'est vivre aussi. Monsieur Hermès n'est jamais avec et dans les livres. Je pense qu'il voudrait être moi parfois Monsieur Hermès, moi et tous ces types dans les livres. Moi je ne voudrais jamais être lui avec tous ces gens là, réels probables et palpables, tout est compliqué..

Je voudrais me secouer de ce grand sommeil que ne connaît pas Monsieur Hermès, oh ! non pas pour atteindre une existence heureuse et lucide, non, mais plutôt pour faire un effort croissant et jamais confirmé par aucun résultat évident. Ce sera mon but, ce manque de résultat évident...

Monsieur Hermès n'est pas un homme d'intérieur, d'une certaine façon moi non plus. Je tends toujours à sortir de moi-même. J'aime me souvenir et la mémoire me conduit vers la réalité. Je me penche sur moi-même et je tire l'eau d'un puits vide qui se remplit si je me détourne de lui.

Je perçois ce bruit qui ne s'arrêtera plus, tout en accusant une curieuse variété, au profond d'une monotonie sans nom. Ce bruit d'une éternité, un trépignement confus, le bruit du monde, il y a des bruits autrement plus agréables.

31 janvier 2008

Campbell soup



Les condiments, le beach boy noyé et le quart d’heure warholien - Près de Lyon (France)

29 janvier 2008

Méliès

Je ne trouve plus dans le cinéma ce que je trouve entre les lignes, le cinéma était quelque part dans la communion, voir un lieu à minimum d’accord … une pratique peut-être pas assez solitaire et comme j’ai déjà du mal à faire avec moi-même, comme il faut que je tente de faire avec moi-même avant de faire avec les autres, le cinéma est devenu quelque chose de loin et d’assurément distant, j’essaye de me retrouver entre les lignes.

28 janvier 2008

Drôle d’écho

Ce matin chez Larbaud drôle d’écho :
« Nous buvions l’air comme une boisson froide et sucrée, et quand nous rentrions à l’étude, nous parfumions tous les couloirs de l’odeur des feuilles et de la rosée, dont nous étions imprégnés. »

alors que chez Ramuz :
« L'air est à la fois immobile et animé d'un mouvement secret; il ne se respire pas, il se boit. »

27 janvier 2008

Rohypnol

Formons un rond et suicidons-nous au lance-flammes

Ce qui nous donne donc : Guy Debord citant Dante citant Virgile, Michel Tabachnik, les lunettes Vuarnet, le rohypnol, le massif du Vercors, un palindrome absent, la fondation de la nouvelle Troie par Énée, et le hoola-hop...

26 janvier 2008

Voilà

Il est toujours utile de rappeler les évidences sautillantes aux ignorants qui les ignorent.

Je suis contre les choses occasionnellement molles qui précédent et suivent les entractes.

25 janvier 2008

Une rainette gluante

Comment peut-on encore aimer cette chose molle, informe, visqueuse et dégueulasse ? Ce vieux truc art global. Une rainette gluante qui se suppose plus grosse que le bœuf et n’est pourtant rien en dehors des baraques de foires. Le cinéma est vraiment une sale chose. Tenez-vous le pour dit. Enfin là où il y a du mystère et du sommeil éventuel à prendre, il y a encore un peu. Chez Tourneur fils oui, chez les autres (ouvrez la liste) souvent rien. Peut-être chez Borzage.

5 décembre 2007

Footing

J’ai couru trois fois cinq cent mètres depuis 1987 , un fois en 1991 à cause du fille fan de footing, une autre fois en 1997 pour fuir une fille unijambiste fan de cross-country (elle me surnommait le kenyan blanc) et une troisième fois pas plus tard qu’hier en allant chercher mon pain russe chez ma boulangère neurasthénique.

4 octobre 2005

Au-dessous de la ligne

Le nécrologe au-dessous de la ligne , le voyage a duré longtemps. Là-dessus la partie latérale, oubliant la ligne, seulement … un train … des passagers … circulez - montez simplement. Je n'ai jamais vu ces chariots , des types archaïques !!! sur d'autres lignes il y a bien longtemps, étendues comme des cavités, foncées et pleines. Ces couloirs sous différents coins se pliant, ces cloisons (creuses) vides, étrangement à gauche quelque chose dans le froid, quelque chose presque effroyable. . . Ici les gens occupent de hauts divans (creux) vides ne riant excessivement pas.

31 janvier 1988

Ma douce petite péteuse

Lettres de Joyce à sa femme Nora.

2 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.

Ma chérie. Je devrais commencer par te demander pardon, peut-être, pour la lettre extraordinaire que je t'ai écrite hier soir. Tandis que je l'écrivais, ta lettre était devant moi et mes yeux étaient fixés, comme ils le sont maintenant encore, sur un certain mot. Il y a quelque chose d'obscène et de lubrique dans l'aspect même des lettres. Sa sonorité aussi est pareille à l'acte lui-même, bref, brutal, irrésistible et satanique.
Chérie, ne t'offense pas de ce que je t'ai écrit. Tu me remercies du beau nom que je t'ai donné. Oui, ma chérie, c'est un beau nom: "Ma belle fleur sauvage des haies ! Ma fleur bleu-nuit innondée de pluie !" Tu vois que je suis encore un peu poète. Je te donne aussi un très joli livre en cadeau : et c'est le cadeau d'un poète à la femme qu'il aime. MAIS, tout à côté et à l'intérieur de cet amour spirituel que j'ai pour toi, existe aussi un désir sauvage, bestial, de chaque pouce de ton corps, de chacune de ses parties secrètes et honteuses, de chacune de ses odeurs et de ses actions. Mon amour pour toi me permet de prier l'esprit de la beauté et de la tendresse éternelles reflété dans tes yeux ou de te jeter sous moi sur ce ventre que tu as si doux et de te baiser par derrière, comme un porc besognant une truie, me faisant gloire de la sueur empuantie qui monte de ton cul, de la honte étalée que proclament ta robe troussée et tes culottes blanches de petite fille, et de la confusion que disent assez tes joues brûlantes et tes cheveux en bataille.
Il me permet d'éclater en sanglots de pitié et d'amour pour une parole à peine, de trembler d'amour pour toi en entendant tel accord ou telle cadence musicale, ou bien d'être couché avec toi tête-bêche, sentant tes doigts me caresser et me chatouiller les couilles ou fichés en moi par derrière, et tes lèvres chaudes suçant ma bite, tandis que ma tête est coincée entre tes grosses cuisses, mes mains serrant les coussins ronds de ton cul et ma langue léchant avidement dans ton con rouge et dru. Je t'ai appris à presque te pâmer en écoutant ma voix chanter ou murmurer à ton âme la passion, la peine et le mystère de la vie, et en même temps je t'ai appris à me faire des signes orduriers des lèvres et de la langue, à me provoquer par des attouchements et des bruits obscènes, et même à accomplir en ma présence l'acte corporel le plus honteux et le plus dégoûtant. Tu te souviens du jour où tu as relevé tes vêtements et m'a laissé me coucher au-dessous de toi pour te regarder en pleine action ? Tu eus honte alors de croiser seulement mon regard.
Tu es à moi, ma chérie, à moi ! Je t'aime. Tout ce que je viens d'écrire, c'est quelques instants seulement de folie bestiale. La dernière goutte de semence vient à peine de gicler dans ton con, que cette folie a pris fin, et mon amour sincère pour toi, l'amour de mes poèmes, l'amour de mes yeux pour tes yeux étranges et tentateurs, vient souffler sur mon âme comme un vent d'épices. Ma bite est encore chaude, raide, tremblante de la dernière poussée brutale qu'elle t'a donnée, que l'on entend une hymne légère monter des sombres cloîtres de mon cœur, chantant mon adoration tendre et pitoyable.
Nora ma chérie fidèle, ma petite canaille d'écolière aux yeux doux, sois ma putain, ma maîtresse, autant qu'il te plaira (ma petite maîtresse branleuse ! ma petite putain à baiser !) tu es toujours ma splendide fleur sauvage des haies, ma fleur bleu-nuit innondée de pluie.

Jim.

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Ma douce petite pute Nora
J'ai fait comme tu me disais, ma sale petite fille, et je me suis branlé deux fois en lisant ta lettre. Je suis ravi de voir que tu aimes être foutue par le cul. Oui, maintenant je peux me rappeler cette nuit où je t'ai foutue si longtemps par derrière. Chérie, ça a été la baise la plus dégueulasse que je t'ai jamais faite. Ma pine est restée plantée dans toi pendant des heures, te foutant et te refoutant par en dessous ta croupe redressée. Je sentais tes grosses fesses grasses en sueur sous mon ventre et je voyais ta face enfiévrée et tes yeux fous. A chaque coup de queue que je te donnais ta langue impudique jaillissait d'entre tes lèvres et si je t'en donnais un coup plus fort plus profond que d'habitude des pets bien gras bien sales sortaient en crachotant de ton derrière. Tu avais un cul plein de pets cette nuit-là, chérie, et je te les sortais en te foutant, des bons gros copains bien gras, des longs venteux, des petits craquants gai rapide et tout un tas de petits minuscules polissons de pets qui se terminaient en une coulée jaillissant de ton trou. C'est merveilleux de foutre une femme qui a des pets quand chaque coup de queue les fait sortir un par un. Je crois que je reconnaîtrais n'importe où un pet de Nora. Je crois que je pourrais repérer le sien dans une salle pleine de femmes péteuses. C'est un bruit plutôt fillette pas le pet mouillé lâche que j'imagine chez les femmes grasses. Il est soudain et sec et sale comme celui qu'une petite fille effrontée décocherait la même nuit pour rire dans un dortoir. J'espère que Nora me décochera sans fin ses pets dans la face pour que je puisse aussi connaître leur parfum.
Tu dis que quand je reviendrai tu me suceras et tu veux que je te lèche le con, petite salope dépravée. J'espère qu'une fois tu me surprendras quand je dors et que je suis habillé, que tu t'approcheras furtive avec l'ardeur d'une putain dans tes yeux ensommeillés, et tu me déboutonneras doucement bouton après bouton la braguette de mon pantalon et doucement tu y prendras le gros mickey de ton amant, et que tu l'avaleras de ta bouche humide et que tu le suceras encore et encore jusqu'à ce qu'il devienne plus gros et plus raide et qu'il te décharge dans la bouche. Moi aussi une fois je te surprendrai endormie, je te remonterai les jupes et j'ouvrirai doucement ta culotte brûlante, puis je m'étendrai doucement à côté de toi et je commencerai à lécher paresseusement tout autour de ta fourrure. Tu commenceras à te remuer et à t'agiter alors je lécherai les lèvres du con de ma chérie. Tu commenceras à gémir et grogner et soupirer et péter de joie dans ton sommeil. Alors je lécherai plus vite et plus vite comme un chien vorace jusqu'à ce que ton con soit une masse de bave et que ton corps se torde sauvagement.
Bonne nuit, ma petite Nora péteuse, mon dégoûtant petit oiseau fouteur. Il y a un mot charmant, chérie, que tu as souligné pour que je me branle mieux. Ecris-moi plus sur ça et toi, avec douceur, plus sale, PLUS SALE.

Jim.

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9 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.

Mon doux vilain petit oiseau fouteur,
Voici un autre billet pour acheter de jolies culottes ou des bas ou des jarretières. Achète des culottes de putain, mon amour, et ne manque pas d'en asperger les jambes avec quelque parfum délicat et aussi de les décolorer juste un petit peu derrière.
Tu sembles anxieuse de savoir comment j'ai accueilli ta lettre que tu dis pire que la mienne. Comment ça pire que la mienne, mon amour ? Oui, elle est pire en un endroit ou deux. Je pense à l'endroit où tu dis ce que tu feras avec ta langue (je ne pense pas au fait que tu suceras) et à ce mot charmant que tu écrit si gros et que tu soulignes, petite salope. C'est excitant d'entendre ce mot (et un ou deux autres que tu n'as pas écrits) sur les lèvres d'une fille. Mais je souhaite que tu parles de toi et non de moi. Ecris-moi une longue longue lettre, pleine de ça et d'autres choses, sur toi, ma chérie. Tu sais maintenant comment me faire bander. Dis-moi les plus petites choses sur toi pour autant qu'elles sont obscènes et secrètes et dégoûtantes. N'écris rien d'autre. Que chaque phrase soit pleine de sons et de mots sales. Ils sont tous également charmants à entendre et à voir sur le papier mais les plus sales sont les plus beaux.
Les deux parties de ton corps qui font des choses sales sont pour moi les plus charmantes. Je préfère ton cul, chérie, à tes nichons parce qu'il fait une chose tellement sale. J'aime ton con non tant parce que c'est la partie que je baise que parce qu'il fait une autre chose sale. Je pourrais rester couché en me paluchant toute la journée rien qu'à regarder le mot divin que tu as écrit et la chose que tu as dit que tu me ferais avec ta langue. Je voudrais pouvoir entendre tes lèvres bredouiller ces mots orduriers divinement excitants, voir ta bouche faire des sons et des bruits sales, sentir ton corps se tordre sous moi, entendre et sentir les gras sales pets fillette qui jaillissent pop pop de ton joli nu popotin fillette et foutre foutre foutre foutre à jamais le con de mon vilain brûlant petit oiseau fouteur.
Je suis heureux maintenant, parce que ma petite putain me dit qu'elle veut que je ramone son cul et qu'elle veut que je foute sa bouche et qu'elle veut me déboutonner et me sortir mon mickey et le sucer comme un téton. Plus et plus sale que ce qu'elle veut me faire, ma petite fouteuse nue, ma vilaine branleuse qui se tortille, ma douce petite péteuse.
Bonne nuit, ma petite connie je vais me coucher et me branler jusqu'à ce que je décharge. Ecris plus et plus sale, chérie. Chatouille-toi ton petit machin pendant que tu écris pour que tu dises pire et pire encore. Ecris les mots sales en gros et souligne-les et baise-les et tiens-les un moment contre ton doux con brûlant, chérie, et remonte aussi ta robe un moment et tiens-les sous ton cher petit popotin péteur. Fais plus si tu veux et envoie-moi alors la lettre, mon oiseau fouteur chéri au cul brun.

Jim.


(publiées dans Tel Quel n. 83)

6 février 1987

Militaire

A l’armée je lisais « Nadja » du totem Breton et l’adjudant me regardais de façon oblique en me garantissant que tout ça c’était des trucs de communistes (c’était avant la chute du fameux mur) l’aspirant Saint Cyrien lui lisait le « Voyage » du délavé LF Céline et dévisageait mon « Nadja » sans animosité, le maréchal des logis Lecoq quant à lui c’était tiré une balle dans le cœur un soir de déprime et de guérite brumeuse…