24 octobre 2026

De la « groche »

 L'abandon de la critique des structures de « domination » par la gauche au tournant des années 80 et son repli sur la défense des normes morales n'est en fait qu'une forme de dépolitisation cachée sous les oripeaux de « l'engagement » progressiste.

Cette gauche nouvelle, que nous appellerons « groche », n'a ainsi qu'un seul but : tenter de refermer le « lieu vide » de la démocratie en le remplissant par un discours sur le Bien et le Mal. Ainsi, les structures ne vacillent plus, rien ne bouge, rien ne disparaît et surtout pas la « domination ». 

Et par un coup de billard à trois bandes, voilà qui explique le « succès » actuel de l'esstrême droite. Tandis que la posture morale devient le socle de la groche, son repoussoir, l'esstrême droite focalisée sur l'identité et le ressentiment culturel sert tout à la fois d'aspirateur et d'épouvantail. Au milieu, les structures de domination ne sont jamais remises en cause, rien ne tremble, et le techno-capitalisme, et bientôt le techno-fascisme, peuvent triompher.

20 octobre 2026

Du pillage

 Pour Debord, les pillages n'étaient qu'une opportunité où la destruction corrélative des marchandises pouvait éventuellement ouvrir un début de conscience ; pour les pilleurs du samedi 17 octobre, il ne s'agit que d'une appropriation frénétique desdites marchandises. On peut y voir la victoire ultime du Spectacle : le moment où, tout en mettant en scène leurs moi sur les réseaux, les « dominés » s'emparent des objets de leurs « dominateurs », dans un simulacre de révolte qui n'est plus qu'un acte de consommation simplement violent.