L'abandon de la critique des structures de « domination » par la gauche au tournant des années 80 et son repli sur la défense des normes morales n'est en fait qu'une forme de dépolitisation cachée sous les oripeaux de « l'engagement » progressiste.
Cette gauche nouvelle, que nous appellerons « groche », n'a ainsi qu'un seul but : tenter de refermer le « lieu vide » de la démocratie en le remplissant par un discours sur le Bien et le Mal. Ainsi, les structures ne vacillent plus, rien ne bouge, rien ne disparaît et surtout pas la « domination ».
Et par un coup de billard à trois bandes, voilà qui explique le « succès » actuel de l'esstrême droite. Tandis que la posture morale devient le socle de la groche, son repoussoir, l'esstrême droite focalisée sur l'identité et le ressentiment culturel sert tout à la fois d'aspirateur et d'épouvantail. Au milieu, les structures de domination ne sont jamais remises en cause, rien ne tremble, et le techno-capitalisme, et bientôt le techno-fascisme, peuvent triompher.

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